Le vent ne fait pas le printemps

Le 05 juin 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Du jamais vu depuis 2006.
Du jamais vu depuis 2006.

Catastrophiques. Les derniers chiffres de raccordement des nouvelles fermes éoliennes et photovoltaïques sont catastrophiques, de l’avis des professionnels du secteur.

Dans la dernière mouture de son bulletin de statistiques, le Commissariat général au développement durable (CGDD) publie un tableau de bord de ces deux sources d’énergie renouvelable. Au 31 mars dernier, la puissance éolienne installée atteignait donc 7.667 mégawatts, soit 73 petits malheureux mégawatts de plus que fin 2012. Il faut remonter à 2006 pour retrouver une aussi faible puissance raccordée durant un trimestre. «Par rapport au premier trimestre 2012, la puissance raccordée sur le trimestre a baissé de 31%», reconnaît le CGDD. La programmation pluriannuelle des investissements électriques (PPI) prévoit toujours que la France dispose de 19.000 MW d’éolien terrestre d’ici 2020. Mais si le rythme du premier trimestre reste la norme, cet objectif ne sera atteint qu’en 2054, a calculé l’un de nos confrères de l’AFP.

Pour le photovoltaïque, les nouvelles ne sont pas bonnes non plus. Seuls 88 mégawatts crête ont été raccordés au réseau de distribution durant les trois premiers mois de l’année. C’est 76% de moins que durant la même période de l’année passée. «Il s’agit du plus faible niveau observé pour un premier trimestre depuis 2009», commente le CGDD. Au total, le parc photovoltaïque tricolore atteint 4.113 MWc.

Côté production, les chiffres sont moins noirs. Durant le premier trimestre, les parcs éoliens ont produit 4 térawattheures, soit 12% de mieux que durant le premier trimestre 2012. La part dans le mix électrique reste encore modeste: 2,6%.

Après le temps des chiffres est venu celui de la justification. Dans un communiqué publié aujourd’hui 5 juin, la ministre en charge de l’énergie estime que «la baisse des raccordements éoliens et photovoltaïques constatée au premier trimestre est le résultat mécanique des décisions prises par le précédent gouvernement fin 2011, début 2012, concernant les mesures tarifaires et réglementaires de soutien aux énergies renouvelables».

Arnaud Gossement donne pleinement raison à Delphine Batho. Sur son blog, l’avocat rappelle que «la loi du 12 juillet 2010 a volontairement multiplié les freins juridiques au développement des énergies renouvelables. Insécurité juridique, procédures sans fin, refus nombreux, opposition des opérateurs radars, recours des opposants, tarif d'achat gelé, appels d'offres compliqués: la situation est préoccupante et elle l'est depuis trop longtemps».

Fort heureusement, rappelle France Energie éolienne), «la loi Brottes a desserré le carcan administratif dont souffre la filière éolienne». Le texte, en partie retoqué par le Conseil constitutionnel, supprime les zones de développement de l’éolien et la règle des 5 mâts. Le développement des parcs éoliens dans les DOM-COM est aussi facilité.



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