Le vélo, nouvel enjeu pour l’habitat social

Le 06 mars 2018 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Rapprocher vélo et public sensible.
Rapprocher vélo et public sensible.

La transition énergétique passe aussi par les transports. Et le vélo s’avère un efficace levier pour des publics défavorisés. La Fédération des usagers de la bicyclette (FUB) propose aux bailleurs sociaux un programme pour construire ou rénover leurs locaux à vélo et des ateliers d’apprentissage, dont le coût est en partie supporté par des certificats d’économie d’énergie.

L’efficacité énergétique est aussi au bout de la pédale. C’est la démonstration réalisée par le programme Alvéole (pour ‘Apprentissage et local vélo pour offrir une liberté de mobilité économe en énergie’), qui encourage les bailleurs sociaux à promouvoir le vélo auprès de leurs locataires. Car le rôle des offices HLM ne se cantonne plus à la seule fourniture d’un logement à tarif modéré, mais va aujourd’hui jusqu’à la prise en compte des parcours de vie de leurs résidents, dont la mobilité fait partie. En 2017, la FUB a ainsi mis en œuvre 12 projets et s’apprête à en accompagner 20 autres cette année.

Réduire la facture énergétique

 «Les habitants des logements Hlm ont besoin de nouvelles solutions de mobilité, plus économes, plus faciles d’accès, inscrites dans les enjeux des transitions énergétiques et environnementales, énumère Nicolas Cailleau, responsable du département Energie et environnement à l’Union sociale pour l’habitat (USH). Le recours au vélo leur permet de répondre à ces attentes. Il facilite l’accès à l’emploi pour certains et réduit la facture énergétique pour d’autres.» C’est d’ailleurs le plus souvent sous l’impulsion des locataires, désireux de disposer de locaux à vélo adaptés, que les bailleurs sociaux sont venus à Alvéole.

L’indemnité kilométrique vélo (IKV) dans la fonction publique, en test depuis le 1er septembre 2016, c’est une augmentation d’environ 25% du nombre d’agents utilisant quotidiennement ou quasi quotidiennement le vélo pour se rendre au travail, selon un bilan dressé par le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Une augmentation qui atteint 50% chez les agents qui veulent cumuler IKV et transports en commun. Plus de 60% des bénéficiaires initialement non cyclistes utilisaient auparavant la voiture individuelle.

Libérer du foncier

Car le cœur du dispositif, c’est bien la construction ou la réhabilitation de locaux à vélo fonctionnels et agréables à utiliser qui évitent les vols, mais aussi permettent de réduire les stationnements des vélos dans les logements et la dégradation des parties communes. Autre effet positif: davantage de personnes à vélo peut rimer avec moins de voitures, «et moins de problèmes de gestion, notamment sur la question du stationnement sauvage, explique Annie-Claude Thiolat, la présidente de l’association Place au vélo Nantes. Au final, nous mettons des personnes en selle et nous libérons du foncier pour les bailleurs.»

(Ré)apprendre à faire du vélo

Des vélo-écoles ont vu le jour, comme chez SA Colomiers Habitat (Haute-Garonne) ou Est Métropole Habitat à Vaulx-en-Velin (Rhône) ou Habitat 44 à Rezé (Loire-Atlantique). «Nous réalisons des contrôles techniques, nous donnons des informations sur le code de la rue, des conseils sur la façon de prendre un rond-point, anticiper les portières qui s’ouvrent, détaille Annie-Claude Thiolat. Puis nous essayons un parcours en ville, sur un trajet domicile-travail par exemple. Notre objectif est de donner aux apprenants la conviction que faire du vélo n’est pas dangereux. Et pour cela, le plus important est de comprendre son environnement.»

Economies d’énergie

Tout cela a un coût, supporté en partie par le dispositif des certificats d'économie d'énergie (CEE) ‘Précarité énergétique, qui permettent au bailleur un remboursement à plus de 50% des dépenses engagées. Exemple à Colomiers, où a été construit un local à vélo avec 29 emplacements (dont un équipé d’une borne de recharge pour vélo à assistance électrique) dans une résidence enclavée, avec des commerces trop éloignés pour les atteindre à pied, mais accessibles à vélo. Coût de l’opération: 20.718 euros, dont 18.800 € financés par les CEE. En 2017, les 12 conventions Alvéole signées pour 443 emplacements à vélo ont donné lieu à un volume de 65 gigawatt cumac. En 2018, les 20 conventions en projet permettront la création de 1.378 emplacements.

Un programme voué à disparaître

«La rencontre des expertises de la FUB et des bailleurs sociaux ouvre des perspectives nouvelles de développement de l’usage du vélo comme moyen de transport pour des publics en situation précaire, notamment pour leur mobilité personnelle», pronostique Elodie Trauchessec, coordinatrice du dispositif CEE à l’Agence de l’environnement et la maîtrise de l’énergie (Ademe). En 2019, le programme devrait pourtant disparaître, déplore Clémence Pascale, chargée d’Alvéole à la FUB: «Il ne rentre pas dans les clous administratifs définis par le ministère. Mais ça peut encore changer!», veut-elle espérer.



Sites du groupe
Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus