«Le véhicule électrique nécessitera 750 millions d’euros pour ERDF»

Le 21 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le développement du véhicule électrique ne sera pas un long fleuve tranquille. Le réseau électrique devra notamment être adapté à cette nouvelle demande. Un travail auquel s’attèle déjà le distributeur, comme l’explique Gilles Bernard, directeur des activités nouvelles d’ERDF.

 

Le véhicule électrique, c’est un nouveau sujet pour ERDF?

Pas très ancien, effectivement. Nous avons commencé à y travailler durant le premier semestre 2009, dans le cadre des groupes de travail mis en place par Jean-Louis Legrand, le coordinateur interministériel Véhicules décarbonés. A cette occasion, nous avons notamment étudié les modèles économiques, les nécessaires adaptations de l’infrastructure électrique, la réglementation et lanormalisation. La question essentielle étant de savoir comment le véhicule électrique peut se substituer à la voiture thermique.

 

A-t-on, aujourd’hui, une idée de l’investissement qu’il faudra consentir pour adapter le système électrique?

Nous avons fait des simulations, théoriques et statistiques. Le projet n’étant pas encore entré dans sa phase opérationnelle, nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses. En reprenant les chiffres gouvernementaux, soit 2 millions de véhicules électriques en 2020 et 4,4 millions de prises de recharge, on peut estimer qu’il faudra investir 4,5 à 5 milliards d’euros.

 

Tout ne sera pas déboursé par ERDF?

Evidemment pas. Dans ce projet, le rôle du distributeur sera de procéder au raccordement des prises de recharge et aux adaptations locales des réseaux quand elles seront nécessaires. Au total, nous estimons à 750 millions le montant total de ces opérations. Le reste sera à la charge des particuliers, des entreprises (prises installées dans des espaces privés), et des collectivités (prises situées dans l’espace public).

 

Les réseaux de distribution, qu’ERDF exploite, appartiennent aux collectivités. Celles-ci sont-elles prêtes à engager de tels travaux?

Tout le monde se met en ordre de bataille. Le 13 avril dernier, 12 collectivités-pilotes se sont engagées à déployer les infrastructures nécessaires. Leur expérience sera utile à tous. Pour ce qui nous concerne, nous avons engagé un dialogue avec les collectivités pour les éclairer sur certains enjeux, comme l’adaptation des réseaux de distribution. Ce sont les collectivités, en effet, qui décideront de l’emplacement des prises de recharge sur leur territoire. A nous d’organiser avec elles les travaux qui s’imposeront.

 

Sur quels critères seront choisis les emplacements des prises de recharge?

Tout dépendra, en fait, des déplacements des véhicules et des habitudes des conducteurs. D’où l’importance de suivre les expériences menées par les collectivités-pilotes.

 

En grand nombre, les véhicules électriques peuvent-ils accroître les pointes de consommation?

Nationalement, c’est peu probable. Car, à supposer qu’un million de véhicules se chargent au même moment, cela augmenterait la demande nationale d’un gigawattheure, ce qui est marginal. En revanche, dans certaines conditions, des engorgements locaux ne sont pas à exclure.

 

Comment éviter ces engorgements?

En renforçant les réseaux aux endroits nécessaires et en donnant un peu plus d’intelligence au réseau. C’est l’un des enjeux du déploiement du compteur communicant et des futurs Smart grids.

 

A propos de compteur, comment sera vendue l’électricité de la charge?

La réponse est du ressort des pouvoirs publics. Mais des réflexions sont en cours. Ce qui semble le plus probable, c’est que les bornes installées sur l’espace public seront raccordées à un point de livraison communal. La ville aura souscrit un abonnement auprès du fournisseur de son choix. Après, elle sera libre de vendre, au tarif qu’elle aura choisi, le service de recharge.

 

Est-ce à dire que c’est la collectivité qui fixera le prix du courant servant à la recharge des véhicules?

Probablement, comme elle le fait pour le prix du stationnement.

 

On considère qu’il sera possible d’améliorer la gestion du réseau électrique en «stockant» pour la pointe de l’électricité dans les batteries des véhicules. Est-ce réaliste?

Pour le moment, c’est un rêve d’ingénieur. Et puis, l’objectif premier du véhicule électrique, c’est le transport, pas le stockage d’électricité.



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