Le (trop) beau bilan des voitures électriques

Le 11 mars 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Bon pour le climat, la santé, l'économie, le véhicule électrique a toutes les qualités.
Bon pour le climat, la santé, l'économie, le véhicule électrique a toutes les qualités.
Renault

Une étude britannique dresse un bilan très flatteur d'une généralisation du véhicule, outre-Manche. Des résultats qu'il convient toutefois de prendre avec des pincettes.

Les Anglais sont pragmatiques. Et lorsqu’on leur parle de véhicules électriques, à basses émissions ou hybrides, ils dégainent leur calculette. Mardi 10 mars, Cambridge Econometrics a publié un premier bilan d’une possible généralisation des voitures et camionnettes «propres». Une projection qui semble un peu trop belle pour être crédible. Mais regardons plutôt.

Mandaté par l’European Climate Fondation, le consultant britannique a considéré dans son étude plusieurs scénarios: la poursuite des tendances automobiles actuelles, le respect des dernières législations européennes en matière d’émission (avec une norme de 95 grammes CO2 au kilomètre en 2021) et toute une série de visions prospectives où les véhicules les plus sobres (électriques purs, à pile à combustible, hybrides) se disputeraient la route.

Bénéfices pour l’automobiliste

Avec pour conséquence de faire baisser globalement les émissions carbonées des voitures à 43 g CO2/km en 2030 et 9 g CO2/km en 2050. On s’en doute, les bénéfices d’une telle évolution du parc automobile sont nombreux. Pour les particuliers, d’abord.

Certes, le prix d’acquisition des véhicules propres restera, dans l’ensemble, plus élevé. Mais l’automobiliste se rattrapera en faisant baisser ses coûts d’exploitation: en 2030, il ne consacrera que 590 à 230 livres (825 à 320 euros) par an à l’achat de «carburants». Contre 1.190 £ (1.685 €) aujourd’hui pour faire le plein de super. Mieux, la voiture électrique pourrait rapporter à son propriétaire. Les gestionnaires de réseaux d’électricité (GRT) rêvent de pouvoir utiliser les batteries pour stocker l’électricité produite par les sources d’énergie renouvelable aux heures de basse consommation. Ce stockage décentralisé pourrait être rémunéré par les GRT, jusqu’à 800 M£ (1,1 Md€) par an à l’horizon 2050.

Bouquet verdi

Totalement verdi, le bouquet électrique britannique (son facteur carbone n’excèdera pas 50 g CO2 le kilowattheure en 2035: 8 fois moins qu’en 2014), allègera d’autan le bilan carbone des voitures électriques. En 2030, les émissions carbonées du parc automobile pourraient osciller entre 33 et 46 millions de tonnes de CO2 par an, contre 79 Mt comptabilisées en 2012, indique Cambridge Econometrics.

Moins de combustibles fossiles sur les routes et dans les villes, c’est moins de particules fines et d’oxydes d’azote dans l’air. Et moins de malades des bronches et de décès prématurés dans les hôpitaux. Cette amélioration de la qualité de l’air, urbain principalement, réduira d’un bon milliard de livres par an les dépenses sanitaires imputables à la dégradation de la qualité de l’air.

Economie toujours, mais de facture pétrolière, cette fois. Les consultants estiment qu’une électrification massive du parc automobile britannique pourrait ramener de 33 à 20 Md£ (46,7 à 28,3 Md€) le montant annuel de la consommation d’essence et de gazole.

Idyllique? On peut le penser. Cette vision séduisante suppose que le gouvernement britannique déploie rapidement un vaste réseau de bornes de recharge. Londres devra aussi inciter les électriciens à remplacer les centrales au charbon et au fioul (qui produisent près de la moitié des électrons du Royaume) par de gigantesques champs d’éoliennes, des centrales au gaz et des centrales thermiques captant et stockant sous terre le CO2. Pas gagné. Surtout en 15 ans.

 



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