Le travail nocturne nuit aux seins des femmes

Le 20 juin 2012 par Geneviève De Lacour
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11% des femmes interrogées ont travaillé de nuit au cours de leur carrière
11% des femmes interrogées ont travaillé de nuit au cours de leur carrière

Une étude de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et publiée en ligne le 12 juin dernier dans la revue International Journal of Cancer, montre que pour les femmes travaillant de nuit, le risque de développer un cancer du sein est plus élevé. L'étude réalisée en France et baptisée «Cecile» a permis de comparer le parcours professionnel de 1.200 femmes ayant développé un cancer du sein entre 2005 et 2008 à celui de 1.300 autres femmes. Cette étude cas-témoins a été réalisée en Ille-et-Vilaine et en Côte d'Or, les cas ayant été recrutés dans les principaux services hospitaliers.

Première cause de mortalité par cancer chez les femmes, le cancer du sein touche 100 femmes sur 100.000 par an dans les pays développés. Chaque année, plus de 1,3 million nouveaux cas sont diagnostiqués dont 53.000 en France.

Les facteurs de risque de cancer du sein sont variés. Ils incluent des mutations génétiques, un âge tardif à la première grossesse ou encore les traitements hormonaux. En revanche, les facteurs liés au style de vie, aux causes environnementales ou professionnelles du cancer du sein n’ont été que peu étudiés jusqu’à présent.

En 2010, le Centre international de recherche contre le cancer (Circ) a classé le travail entraînant des perturbations du rythme circadien comme «probablement cancérigène». Le rythme circadien -c’est-à-dire l’alternance veille-sommeil- régule en effet de très nombreuses fonctions biologiques. Il est altéré chez les personnes travaillant la nuit ou avec des horaires décalés. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer le lien observé entre travail de nuit et cancer du sein: l’exposition à la lumière durant la nuit qui supprime le pic nocturne de mélatonine et ses effets anti-cancérigènes; la perturbation du fonctionnement des gènes de l’horloge biologique qui contrôlent la prolifération cellulaire; ou encore les troubles du sommeil pouvant affaiblir le système immunitaire.

Dans cette étude «Cecile», les scientifiques de l’Inserm ont passé à la loupe le parcours professionnel de 3.000 femmes, incluant chaque période de travail de nuit. Ils ont ainsi recensé plus de 11% de femmes ayant travaillé de nuit à un moment quelconque de leur carrière.

Ils en concluent que le risque de cancer du sein est augmenté d’environ 30% chez les femmes ayant travaillé de nuit par rapport aux autres femmes. Cette augmentation du risque est particulièrement marquée chez les femmes ayant travaillé de nuit pendant plus de 4 ans, ou chez celles dont le rythme de travail est de moins de 3 nuits par semaine, impliquant des décalages de phase plus fréquents entre le rythme de jour et le rythme de nuit.

Enfin, cette association entre travail de nuit et cancer du sein semble plus marquée lorsque l’on s’intéresse au travail de nuit effectué avant la première grossesse. Ce qui pourrait s’expliquer par une plus grande vulnérabilité des cellules mammaires incomplètement différenciées chez la femme avant le premier accouchement.

«Nos travaux confortent les résultats d'études antérieures et posent le problème de la prise en compte du travail de nuit dans une optique de santé publique, d'autant que le nombre de femmes travaillant avec des horaires atypiques est en augmentation», rappelle Pascal Guénel, principal auteur de l’étude.



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