Le travail d’équipe mauvais pour la santé des femmes

Le 21 janvier 2008 par Claire Avignon
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Pour les femmes, le risque d’avoir besoin d’une pension d’invalidité serait plus élevé lorsqu’elles travaillent «en équipe» que lorsqu’elles travaillent de jour, avec des horaires réguliers. Ce résultat a été publié le 15 janvier dans la revue Occupational and environmental medicine.

Pour parvenir à cette conclusion, des chercheurs du centre danois de recherche pour l'environnement du travail ont analysé les données d'une cohorte de 3.980 femmes et 4.025 hommes, enregistrée en trois phases (1990, 1995 et 2000) suivie jusqu'en juin 2006. Pendant la période d'observation, 253 femmes et 173 hommes ont commencé à bénéficier d'une pension d'invalidité. 79 femmes et 41 hommes travaillaient auparavant en équipe. Dans l'étude, le travail en équipe correspond à des heures de travail irrégulières, au deux-huit, au trois-huit, et au travail fixe de nuit ou du matin.

Au final, le risque d'obtenir une pension est 34% plus élevé chez les travailleuses postées que chez les travailleuses «de jour», c'est-à-dire avec des horaires normales. Au contraire, le risque est 7% plus faible pour les hommes qui travaillent en équipe que les travailleurs de jour.

Ces résultats souffrent de quelques biais. Les chercheurs n'ont pas pu vérifier la durée pendant laquelle les personnes de la cohorte ont réellement travaillé en horaires d'équipe. Seuls trois points (1990, 1995 et 2000) ont permis de les identifier. Par ailleurs, les Danois ont dû rassembler en un seul groupe les personnes travaillant en équipe, afin d'atteindre un chiffre significatif. Pourtant, les effets sur la santé peuvent différer entre une personne qui travaille en trois-huit, et une personne qui travaille le matin.

Si les travaux n'étudient pas les causes de ce risque, ils citent des travaux précédents qui montrent que le travail d'équipe augmente le risque de maladies cardiaques, de cancer du sein (1), d'ulcère de l'estomac, de troubles du sommeil et d'accident. «Mais nous ne savons pas pourquoi les femmes sont plus vulnérables au travail d'équipe que les hommes, comme le suggèrent nos résultats», précisent les auteurs.

Pour les chercheurs, une pension d'invalidité n'est pas seulement un indicateur de santé, il exprime également des modifications dans la qualité de vie des individus, et la perte de savoir-faire pour la société.

Des travaux précédents avaient montré un risque plus élevé d'avoir recours à une pension d'invalidité lorsque les travailleurs fumaient ou qu'ils travaillaient debout.



(1) Voir l'article du JDLE «Travailler de nuit est «probablement cancérogène»»




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