Le transport de matières radioactives manque de rigueur

Le 04 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Sur la route, la radioactivité est partout. Dans une note que l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) publie aujourd’hui, on apprend ainsi que 940.000 colis de matières radioactives sont transportés chaque année. Ce qui nécessite l’organisation de 615.000 transports.

 

Dans le lot, les convois de combustibles usés, très médiatisés, sont minoritaires: à peine 15%. «La grande majorité de ces transports, indique l’IRSN , concerne des matières radioactives utilisées dans le domaine médical, pharmaceutique, industriel ou immobilier.»

 

Dans l’année, les autorités dénombrent, en moyenne, une centaine d’événements. La très grande majorité est classée au niveau 0 de l’échelle INES: il s’agit d’un écart constaté par rapport aux règles de sûreté et non d’un incident ayant eu des conséquences sanitaires ou environnementales.

 

Les événements les plus fréquents sont des erreurs (ou des absences) d’étiquetage, des chocs sur les colis durant la manutention en aéroport ou dans les zones portuaires et la contamination du colis ou du véhicule.

 

L’étude portant sur les années 1999-2009, l’Institut de Fontenay-aux-Roses dispose d’un recul suffisant pour tirer quelques conclusions.

 

Pour 2009, par exemple, l’IRSN constate un accroissement de 38% (par rapport aux années 2004-2008) du nombre d’incidents classés au niveau 0 dans le secteur du transport des combustibles et des sources médicales. En cause: «une plus grande rigueur de déclaration de ces événements» de ces deux industries, qui ont beaucoup été «sensibilisées» par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’IRSN, ces dernières années. Un bon point.

 

Phénomène inverse, en revanche, dans la filière du contrôle industriel. «Le nombre d’événements déclarés […] est en baisse depuis 2007 et pourrait masquer une moindre connaissance des pratiques de déclaration, notamment pour les événements qui n’ont pas eu de conséquence sur la sûreté des colis.» Conséquence: il faudra renforcer «les actions de sensibilisation.»

 

Nombreux sont aussi les incidents répertoriés pour utilisation de «colis non agréés». Une pratique qui peut provoquer des défauts d’arrimage ou des contaminations de leur surface, voire du véhicule. Là encore, l’ASN devrait sévir.  

 

Les manutentionnaires ne devraient pas être à la fête, ces prochains mois. Qu’ils travaillent sur les docks, dans les aéroports ou dans des entreprises, leur négligence est pointée du doigt. L’IRSN souligne notamment la découverte «de corps étrangers» dans certains emballages (morceaux de joints, de boulons, écailles de peinture).

 

S’ils peuvent sembler anodins pour la plupart d’entre eux, la surveillance de ces événements est indispensable. «Cela permet de faire avancer non seulement le retour d’expérience, mais aussi la prévention des incidents», explique Thierry Charles, le directeur de la sûreté des usines, des laboratoires, des transports et des déchets au sein de l’IRSN.



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