Le transport aérien émetteur de gaz à effet de serre

Le 13 décembre 2004 par Loïc Chauveau
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boeing
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Selon un rapport de l’Institut français de l’environnement (Ifen), la part mondiale du transport aérien dans les émissions de gaz à effet de serre est de 2,5%. Cette part croîtrait avec l’augmentation prévisible du trafic.

Le transport aérien mondial émet 550 millions de tonnes d'équivalent CO2 tous les ans. L'aller-retour d'une personne entre Paris et New York pèse une tonne de CO2 soit le total d'émission d'un mois et demi d'un Français resté au sol. Les gaz ont des effets divers selon l'altitude. Les oxydes d'azote (Nox) atteignent la couche d'ozone stratosphérique protégeant du rayonnement solaire. Ils ont également un pouvoir réchauffant par la formation d'ozone dans les basses couches de l'atmosphère lors des phases de décollage et d'atterrissage et, paradoxalement, refroidissant par la dégradation de méthane en haute altitude. Le transport aérien est surtout responsable de la formation de vapeur d'eau à fort pouvoir de réchauffement entre 10 et 15.000 mètres d'altitude.

La responsabilité du transport aérien dans le bilan global des émissions peut paraître faible. Il a pourtant fait l'objet d'un rapport alarmiste du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution des climats (Giec), paru en 1999. Ce secteur est en effet en forte expansion. Les chercheurs du Giec prévoyaient même une contribution atteignant 4% en 2020. Au moment où tous les secteurs économiques doivent limiter leurs émissions, le caractère inéluctable de la progression du transport aérien pose problème. 



En moyenne, rappelle l'Ifen, chaque personne effectue 500 kilomètres en avion tous les ans. Dans la plupart des pays, cette moyenne est inférieure à dix kilomètres. Elle est de 1.200 km en Europe et de 3.400 km aux Etats-Unis. En France, 26% de la population de plus de 15 ans a pris au moins une fois l'avion en 2001 contre 9% en 1980. La proportion croissante de ménages sans enfant, l'émergence d'une population de jeunes retraités et la vente de destinations touristiques exotiques expliquent cette progression. Malgré une stagnation en 2002 et 2003 attribuée aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, la croissance du trafic devrait reprendre au rythme de 5% l'an jusqu'en 2030. Or, aux émissions strictes des avions, il faut ajouter le trafic routier au sol et la construction d'aéroports plus grands.

Les progrès de motorisation réduisent certes les émissions. Les nouvelles générations de transporteurs assurent des émissions directes de moins de 60 grammes par kilomètre et par passager contre 600 g par exemple pour le Concorde. Mais ces progrès techniques ne réduiront désormais les émissions que de 1% à 2% par an. Ces efforts sont annihilés par une demande croissante de voyages d'autant que la durée de vie d'un avion excède 20 ans ce qui ralentit le renouvellement du parc. Cette demande ne pourrait être freinée que par un seul facteur: la hausse du prix du billet. Elle pourrait intervenir de deux façons, soit par la hausse du prix du kérosène, soit par l'établissement d'une taxe écologique.




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