Le trafic de baleine mis à mal par l’ADN

Le 14 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L’événement avait, à l’époque, défrayé la chronique… cinématographique. Des membres de l’Académie américaine du cinéma avaient été surpris à manger de la baleine dans un restaurant japonais de Santa Monica, un quartier huppé de Los Angeles. Des écolos avaient manifesté devant l’établissement sans grand effet. Jusqu’à ce qu’un scientifique s’offre lui aussi une part de sashimi, réservé aux «aventuriers du goût».

Problème: Charles Hambleton est membre de la Société pour la préservation des océans. Et plutôt que d’engloutir les 4 tranches, il les confie à un laboratoire de génétique de l’université de l’Oregon. Comme dans les séries policières, l’ADN parle. Deux des quatre tranches provenaient d’un rorqual de Rudolphi, une espèce inscrite à l’annexe 1 de la Cites. Sa vente est donc interdite en dehors du Japon. Après consultation de bases de données spécialisées, les chercheurs américains ont pu déterminer que le malheureux rorqual avait été tué lors de la campagne de «recherche scientifique» japonaise Jarpnii. Le restaurant de Los Angeles a donc acheté illégalement de la viande de baleine. Des poursuites fédérales ont été engagées. Il est désormais fermé.

Comme le révèle un article paru le 14 avril dans Biology Letters, un événement similaire s’est produit en Corée du Sud. Par les mêmes techniques, des scientifiques sud-coréens sont parvenus à déterminer que de la viande servie dans des restaurants de Busan, Pohang et Uslan avait été prélevée sur des baleines non chassées par les baleiniers locaux. Tous les morceaux provenaient de baleines de Mink, de rorquals de Rudolphi, de cachalots et de rorquals communs. Des cétacés inscrits également sur l’annexe 1 de la Cites et dont les restes n’auraient jamais dû sortir du Japon.

Ces histoires n’ont rien d’anecdotiques. La Commission baleinière internationale (CBI) pourrait, dès juin prochain, ouvrir davantage la chasse à la baleine. En contrepartie, les Etats chasseurs devront renforcer le contrôle du commerce. Preuve est désormais faite qu’ils ont encore bien du chemin à parcourir pour concilier commerce et protection d’espèces menacées.

 



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