Le terrible bilan carbone des incendies australiens

Le 22 avril 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Cette année, les forêts tempérées ont été inhabituellement touchées.
Cette année, les forêts tempérées ont été inhabituellement touchées.
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Les feux de forêts du début d’année ont émis deux fois plus de CO2 que prévu.

 

Les autorités australiennes ne sont pas efficaces pour réduire l’empreinte carbone de l’île-continent, mais la comptabilité carbone n’a pas de secret pour elles.

Quelques semaines, à peine, après la fin de la saison des feux, qui ont ravagé une trentaine de millions d’hectares depuis le début de l’année, le ministère australien de l’industrie, des sciences, de l’énergie et des ressources vient de mettre en ligne une évaluation des émissions de gaz à effet de serre imputables aux feux, pour la saison.

année particulière

L’année 2020 est assez particulière, souligne l’étude. Non par la superficie consumée par les flammes que par leur inhabituel impact sur les massifs de forêts tempérées. En moyenne, rappelle le rapport, les feux détruisent de 30 à 50 millions d’hectares chaque année (80 M ha en 2002 et 2013).

Généralement, les flammes ravagent des savanes qui se reconstituent rapidement par la suite. Cette année, près du tiers des surfaces brûlées (7,4 millions d’hectares) sont des forêts tempérées, ce qui est inédit depuis 1990. Les deux tiers de ces forêts étaient des parcs nationaux ou des espaces protégés.

retour au végétal

En se basant sur des images prises par des satellites et le stock de carbone des biotopes atteints, les scientifiques australiens estiment que les feux ont relâché 830 millions de tonnes de gaz à effet de serre (MtéqCO2) dans l’atmosphère entre le 1er janvier et le 11 février 2020: deux fois plus qu’estimé début mars. En 2018, l’Australie a officiellement émis 700 MtéqCO2: un chiffre en hausse de 40% par rapport à 1990.

Le bilan carbone des feux doit-il alourdir celui des activités anthropiques? Non et pour deux raisons. D’une part, les émissions (de CO2 et de protoxyde d’azote) sont exclues des inventaires nationaux. D’autre part, souligne le gouvernement australien, la plupart du carbone émis par un feu de forêt est stocké par la végétation en quelques années.

Si le bilan carbone de cette saison de méga feux reste acceptable, les dégâts sur la biodiversité restent considérables. 1,5 milliard d’animaux, dont beaucoup appartiennent à des espèces menacées, endémiques à l’Australie, ont péri dans les incendies.

Selon un bilan dressé fin janvier par le ministère australien de l’environnement, 327 espèces menacées ont vu disparaître au moins 10% de leur habitat.