Le syndrome du nez blanc vient probablement d’Europe

Le 10 avril 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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5 millions de chauve-souris brunes américaines sont déjà mortes.
5 millions de chauve-souris brunes américaines sont déjà mortes.

Les scientifiques le soupçonnaient depuis plusieurs années. L’hypothèse se confirme. L’agent pathogène (un champignon baptisé Geomyces destructans) responsable du syndrome du nez blanc ne serait pas le produit d’une mutation génétique: il proviendrait d’Europe.

Responsable de la mort de 5 millions de chauve-souris dans 16 Etats des USA et 4 provinces canadiennes, le mystérieux champignon provoque chez Myotis lucifugus -le vespertilion brun du Québec- le syndrome du nez blanc (SNB).

Le diagnostic est facile à poser: un anneau blanc se forme autour du museau ou du mufle des chiroptères atteints. Ensuite, les individus malades se réveillent en pleine hibernation, brûlent leurs réserves et meurent d’inanition. Certains décèdent de pneumonie, de fortes fièvres ou d’autres infections opportunistes. La maladie semble incurable.

Jusqu’à présent, les scientifiques étaient partagés sur l’origine du mal. En effet, le SNB frappe aussi les chiroptères européens, sans pour autant les tuer comme en Amérique du Nord [JDLE]. Ce qui laisse supposer que les animaux européens ont développé une certaine résistance à la maladie.

De là deux hypothèses formulées par les scientifiques: l’agent pathogène serait originaire des deux continents mais serait plus virulent en Amérique du Nord ou bien il aurait récemment passé du Vieux au Nouveau monde.

Dans un article publié dans les Annales de l’académie américaine des sciences (PNAS), Craig Willis parie sur la seconde hypothèse. Avec ses co-auteurs américains, canadiens et allemand, le biologiste de l’université de Winnipeg a capturé 54 chauves-souris dans une caverne du Manitoba (Canada). Le tiers de cette population a été exposée au Geomyces destructans américain, un autre tiers au champignon européen. Le dernier tiers a été préservé, comme groupe de référence.

Résultat: tous les animaux contaminés se sont réveillés en pleine hibernation, ont brûlé leur réserve de graisse et sont morts de faim, contrairement aux spécimens du groupe de contrôle.

Conclusion de Craig Willis : la résistance des chauves-souris européennes au champignon s’explique par une exposition de longue date à l’agent pathogène. Le champignon a donc probablement été récemment transporté d’Europe vers les grottes américaines et canadiennes par des spéléologues ou des chirologues. Ce qui expliquerait le manque de défense immunitaire des chauves-souris brunes américaines.



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