Le syndrome du bâtiment malsain n’existerait pas

Le 24 mars 2006 par Claire Avignon
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Des chercheurs remettent en cause la notion du «syndrome du bâtiment malsain», un ensemble de symptômes dont souffrent des travailleurs et attribués à des bâtiments spécifiques.

C'est un des mystères des dernières décennies. Une situation dans laquelle les travailleurs d'un bâtiment souffrent de maux de tête, de la gorge, du nez, etc. sans que l'on puisse donner une explication précise. Selon l'hypothèse la plus fréquemment formulée par les scientifiques, l'environnement physique (température, humidité, polluants) serait à l'origine de ce syndrome connu en anglais sous le terme de sick building syndrom (SBS) ou syndrome du bâtiment malsain.

L'hypothèse est remise en cause par une équipe de l'université du College London dans un article paru dans la revue Occupational and environmental medicine. Les chercheurs ont étudié le cas de 4.052 participants âgés de 42 à 62 ans et travaillant dans 44 bâtiments. Les personnes ont été questionnées sur leur santé, notamment sur les symptômes traditionnellement associés au SBS, les exigences de leur travail, incluant le soutien qui leur est apporté. Par ailleurs, les propriétés physiques de leur lieu de travail ont été examinées.

Les résultats montrent que les femmes souffrent plus du SBS que les hommes et qu'elles ont de plus en plus de symptômes avec l'âge. Une femme sur 5 signale au moins 5 des signes du syndrome contre 1 homme sur 7.

De tous les facteurs, c'est l'exigence importante de l'emploi et le bas niveau de soutien qui est le plus lié aux symptômes. Un lien, plus faible, a cependant été établi avec la température (lorsqu'elle est en dessous des recommandations), l'humidité relative faible, la présence de bactéries et la poussière. Mais aucune association n'a été confirmée avec la concentration en dioxyde de carbone (CO2), le bruit, la présence de champignons, et les composés organiques volatils (Cov). «Nos résultats suggèrent que, dans cet échantillon de lieux de travail, les caractéristiques physiques des bâtiments n'ont qu'une faible influence sur les symptômes», concluent les auteurs qui ajoutent que le SBS porte peut-être mal son nom. Ainsi, lorsqu'un syndrome du bâtiment malade apparaît, il serait judicieux de se pencher davantage sur l'organisation du travail et l'autonomie des travailleurs.




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