Le syndicalisme international et l'environnement

Le 04 avril 2005 par Claire Avignon
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A l'occasion du quatrième forum européen pour le développement durable et une entreprise responsable(federe), Lucien Royer, représentant de la Confédération internationale des syndicats libres, a présenté un nouvel instrument d'évaluation des entreprises en matière d'environnement, d'hygiène et de sécurité.

Après les directions d'entreprise, les pouvoirs publics et les organisations non gouvernementales, un nouvel acteur s'est invité sur les thèmes de l'environnement et des risques industriels: le mouvement syndical. «De nombreux outils d'évaluation se créent actuellement, à l'instar du Global Compact des Nations unies ou du Global Reporting initiative (GRI), explique Lucien Royer, directeur de programmes santé, sécurité et environnement de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) (1) et de la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE (Tuac) (2). Nous pensons que ces indicateurs établis volontairement ne peuvent être fiables qu'avec la participation des gouvernements, mais aussi des travailleurs et des syndicats.»

Outre leur participation à la mise en place d'outils de reporting comme la GRI, la CISL et la Tuac sont donc en train de créer leur propre évaluation. «Notre but est d'établir un mécanisme pour que les syndicats évaluent l'hygiène, la sécurité et l'environnement d'une entreprise et engagent un dialogue», continue Lucien Royer. Il s'agit d'identifier toutes les entreprises présentes sur plusieurs territoires nationaux et d'évaluer leur politique de santé et sécurité au travail grâce aux syndicats locaux. Une fiche est alors créée pour les entreprises considérées comme des mauvais élèves. Ainsi, la banque ABN Amro (Pays-Bas) a été la première épinglée. Le syndicat nord-américain Unite Here lui reproche de financer Angelica textile services qui est accusée de ne pas respecter les normes en matière de sécurité et de santé au travail, notamment en exposant les travailleurs à des produits toxiques. «Nous voulons développer ce procédé pour les mauvais comme pour les bons élèves», indique Lucien Royer.

Le mouvement syndical se dit conscient du fait que les entreprises épinglées le sont à une échelle internationale, alors que le problème soulevé l'est souvent à une échelle locale. «Avant d'aboutir à ce fichage des mauvais élèves, il faut savoir que les différents syndicats discutent entre eux, rétorque Lucien Royer. Et que le syndicat qui a un problème avec une entreprise a dialogué avec la direction. Le mouvement syndical considère ce procédé comme une nouvelle étape du dialogue lorsqu'il est bloqué au niveau national.» Le World business council for sustainable development qui représente 175 entreprises engagées dans le développement durable estime que cet instrument peut au contraire couper le dialogue entre dirigeants et travailleurs.



(1) La CISL représente 233 organisations affiliées, dont la CFDT et la CGT-FO, dans 154 pays et compte 145 millions d'adhérents. Elle coopère avec l'organisation internationale du travail, et les Nations unies.

(2) Trade union advisory committee to the OECD (Tuac) en anglais. C'est une organisation syndicale internationale bénéficiant du statut consultatif auprès de l'OCDE et de ses comités.




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