Le Sud-est lance le premier plan d'adaptation au réchauffement

Le 06 juin 2014 par Stéphanie Senet
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En rose, les zones les plus vulnérables aux baisses des débits
En rose, les zones les plus vulnérables aux baisses des débits

Le premier plan d’adaptation au changement climatique, issu d’un bassin hydrographique, a été publié ce 6 juin par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse (RMC). Un engagement qui intervient un an et demi après le rapport sur les impacts du réchauffement dans le grand Sud-est, coordonné par le climatologue Hervé Le Treut.

Avec déjà 40% de pénuries d’eau sur l’ensemble du bassin rhodanien, le réchauffement n’est plus une hypothèse dans le Sud-est. Mais le pire est à venir, avec une hausse moyenne de la température prévue de 3° à 5°C en 2080 par rapport à la période 1970-2000.

Pour la première fois dans l’Hexagone, les régions ont décidé de prendre les devants. Six conseils régionaux (Bourgogne, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, et Provence-Alpes-Côte d’Azur) ont en effet signé un plan d’adaptation au changement climatique, comprenant des objectifs pour 2020 et 2030, qu’ils ont rédigé avec les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement, l’Agence de l’eau RMC ainsi que l’Agence régionale de santé Rhône-Alpes.

Un plan qui s’attaque aux 5 vulnérabilités majeures du bassin: sa disponibilité en eau, l’aggravation du bilan hydrique des sols, les menaces sur la biodiversité, sur le niveau trophique des eaux et sur l’enneigement.

 

Economiser l’eau avant tout

 

Si les débits d’étiage (points les plus bas) vont diminuer de façon généralisée, les baisses se feront sentir plus fortement en Bourgogne et en Franche-Comté. Mais la plus grande vulnérabilité marque les territoires déjà touchés, comme la Durance, en aval de Serre-Ponçon, et le Rhône, en aval de Lyon.

Pour s’y préparer, le plan propose surtout d’économiser l’eau, par des actions techniques (réduction du gaspillage, des fuites et recyclage), financières (tarification incitative) et des changements de pratiques, indispensables pour s’adapter aux nouvelles conditions climatiques. Le plan avance plusieurs cartes comme les assolements agricoles, ainsi que la réduction de la consommation des particuliers et des industriels.

«La priorité est un basculement d’une gestion traditionnelle par l’offre, qui recherche à mobiliser davantage de ressource, vers une gestion par la demande, cherchant au contraire à maîtriser les besoins en eau», insiste l’Agence de l’eau.

90% des collectivités de plus de 10.000 habitants devront se doter d’un schéma directeur d’alimentation potable et équiper en dispositifs hydro-économes tous les bâtiments publics et 30% du parc privé en 2030.

Les volumes dédiés à l’arrosage des espaces verts publics et au nettoyage devront, à l’horizon 2020, être réduits de moitié, par les collectivités de plus de 10.000 habitants. 30% de cette consommation devra provenir de l’eau pluviale ou recyclée.

Du côté de l’agriculture, les réseaux d’irrigation sous pression devront atteindre 80% de rendement en 2030. Les volumes utilisés devront diminuer de 20% sur la même période. Au total, 80% des prélèvements agricoles en période d’étiage devront être substitués en 2050 (économies, optimisation de l’irrigation, changements de culture).

 

Changer et diversifier les cultures

 

L’évolution du bilan hydrique prévoit un assèchement généralisé des sols dans le grand Sud-est. Pour l’atténuer, l’idée est d’agir sur les cultures, en favorisant les pratiques augmentant le stock d’eau et la pénétration des pluies, et de les diversifier en mélangeant les systèmes pluviaux et irrigués.

L’un des objectifs vise à compenser, à hauteur de 150%, l’imperméabilisation en zone urbaine par la création de dispositifs d’infiltration et de réduction du ruissellement. Autre priorité: restaurer les zones d’expansion des crues, sur 20% du linéaire des cours d’eau, d’ici 2050.

Du côté de la biodiversité, la stratégie régionale repose sur la bonne santé des cours d’eau, la diversification des habitats et la reconnexion entre les zones humides et les annexes aquatiques.

Enfin, pour lutter contre l’eutrophisation des eaux, 90% des déjections animales seront stockées, en 2030, pour un épandage optimal. 90% des sols seront couverts pendant l’hiver dès 2020 et le linéaire de haies devra augmenter de 1% par an.



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