Le succès des Amap

Le 14 décembre 2007 par Agnès Ginestet
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Ces partenariats de proximité entre producteurs et consommateurs qui se développent de plus en plus en France visent à développer des produits de la ferme de qualité respectueux de l’environnement.

Les Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (Amap) sont des «partenariats de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme, souvent située en zone péri-urbaine, se développant à partir de la vente directe, par souscription, des produits de cette ferme». Des fruits et légumes et de la viande sont notamment proposés par ce biais. C'est aux Etats-Unis que Denise et Daniel Vuillon, initiateurs des Amap en France, ont d'abord étudié ce système, le Japon l'ayant créé sous l'appellation «teikei» dans les années 1960.

«On a beaucoup de demandes de la part de producteurs et de consommateurs», constate Gaëtan Vallée, coordinateur du réseau régional Alliance Provence qui fédère 120 Amap en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca).  Selon lui, plus de 200 producteurs et de 15.000 consommateurs de la région passent par ce système. Le couple Vuillon a formé la première Amap française avec des membres d'Attac Aubagne (Bouches-du-Rhône) en 2001.  Aujourd'hui, il en existe environ 500 en France, qui se sont développées grâce au bouche à oreille.

Leur fonctionnement est basé sur une charte de bonnes pratiques. Les consommateurs s'engagent par exemple à payer un panier de produits par semaine, au moins pour 6 mois au départ, et à partager financièrement «les risques et bénéfices naturels».  Il est seulement demandé au producteur que les produits soient  frais, de saison, diversifiés, et cultivés sans produits chimiques de synthèse. «On ne réclame pas qu'ils aient le label agriculture biologique (AB) mais on demande que la charte soit respectée», explique Gaëtan Vallée, qui constate qu'un nombre croissant de producteurs passent d'une agriculture conventionnelle à une agriculture dite durable.

Ce circuit court producteur-consommateurs présente trois  intérêts environnementaux principaux:  la distribution implique moins de transports pour livrer les produits, compte tenu de la proximité des producteurs avec le groupe de consommateurs auquel il est lié (moins de 100 kilomètres selon la charte), et d'une distribution des produits ponctuelle, en général une fois par semaine. Les cultures se font sans engrais ni pesticides chimiques de synthèse et la charte incite à une gestion économique de l'eau. Pour la viande, les élevages à l'herbe sont favorisés et les OGM sont proscrits. Enfin, les producteurs peuvent cultiver des variétés de semences adaptées aux terroirs, et qui ne sont plus utilisées pour répondre aux critères des produits vendus en grande distribution. «Les Amap acceptent des carottes tordues. Il n'y a pas les contraintes de la mise sur le marché», explique ainsi Denise Vuillon, qui  regrette que le système des Amap ne soit pas soutenu sur le plan politique. «Il faut revenir à une agriculture nourricière et locale», estime-t-elle.

Claire Lamine, sociologue à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra), note que le système des Amap entraîne une «redéfinition du système agro-alimentaire» car il invite d'autres acteurs que ceux du secteur agricole à s'impliquer, tels que les consommateurs, les collectivités locales et les aménageurs.




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