Le sperme, une cible des graisses saturées?

Le 21 mars 2012 par Romain Loury
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Le sperme n'aime pas les acides gras saturés
Le sperme n'aime pas les acides gras saturés

Les acides gras saturés, déjà réputés pour leurs mauvais effets cardiovasculaires, pourraient altérer la qualité du sperme, avec un impact direct sur la fertilité masculine, selon une étude publiée dans la revue Human Reproduction.

Plusieurs travaux le montrent: la qualité du sperme, notamment sa concentration en spermatozoïdes, semble en baisse depuis plusieurs décennies. Si les soupçons portent en premier lieu sur l’environnement et les perturbateurs endocriniens, l’étude menée par l’équipe de Jorge Chavarro, de la Harvard Medical School (Boston, Massachusetts), est la première à suggérer le rôle du régime alimentaire.

Portant sur 99 hommes ayant consulté dans un centre de fertilité, elle montre que la consommation de graisses, en particulier d’acides gras saturés, est associée à une raréfaction des spermatozoïdes. Chez les personnes consommant le plus de graisses saturées, le nombre de spermatozoïdes était diminué de 35%, leur concentration de 38%.

Parmi les lipides analysés, seuls les oméga-3 étaient associés à un possible bénéfice, modeste, à savoir une hausse de 1,9% de spermatozoïdes de morphologie normale. Un résultat déjà suggéré en 2011 par une équipe iranienne, qui avait montré les bénéfices d’un complément alimentaire sur la qualité et la quantité des spermatozoïdes.

C’est ce même antagonisme mauvaises graisses/oméga-3 qui ressort d’une autre étude américaine, menée par une équipe de San Diego (Californie) sur 945 personnes. Selon ces résultats publiés dans la revue PLoS ONE, les acides gras de type trans pourraient favoriser les comportements agressifs. A l’inverse des oméga-3, dont ces lipides inhibent la production.

Dans plusieurs pays, les acides gras trans et saturés sont dans le viseur des autorités sanitaires. Aux Etats-Unis, les trans font l’objet d’un étiquetage obligatoire sur les aliments depuis 2006 (une mesure actuellement à l’étude en Europe), et sont même bannis des restaurants californiens et new-yorkais. Quant aux acides gras saturés, le Danemark a mis en place une taxe à l’automne dernier.



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