Le sperme de Shanghai est flageolant pour cause de pollution

Le 13 novembre 2013 par Marine Jobert
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Deux tiers des dons de sperme à Shanghai seraient de piètre qualité.
Deux tiers des dons de sperme à Shanghai seraient de piètre qualité.
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Les Chinois commenceraient-ils à payer dans leur chair la facture d’un environnement malmené? Plusieurs événements récents mettent en lumière les effets délétères de la pollution sur la santé. Au premier rang des accusés: la qualité de l’air, qui n’en finit pas d’obscurcir l’horizon, notamment à cause de la concentration en particules fines. En janvier dernier, ce sont près de 13,5% du territoire national (près de 1,3 million de kilomètres carrés) qui étaient chapeautés par un nuage toxique. Une étude publiée en juillet dernier dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas) estimait qu’un habitant du nord de la Chine vit, en moyenne, 5 ans et demi de moins que son voisin du sud, en raison de la pollution atmosphérique. Les cancers du poumon auraient été multipliés par 4 ces 30 dernières années, selon le ministre chinois de la santé, devenant la première cause de mortalité à Pékin (+56% entre 2001 et 2010).

Modèle de développement «obsolète»

Des données que n’a pas cherché à minimiser Xie Zhenhua, le vice-président de la commission national du développement et de la réforme (l’organe suprême de planification économique) qui s’exprimait en marge du sommet de Varsovie sur le climat. «La Chine souffre en effet d’une grave pollution de l’air (…) qui est devenue la norme et qui affecte sévèrement la santé mentale et physique du peuple chinois», a-t-il déclaré, cité par le Shanghai Daily. En cause: «un modèle de développement obsolète», «sa structure énergétique et industrielle déraisonnable» et le relargage de polluants par certaines entreprises «de façon très intensive». Au cœur du problème: «l’utilisation des énergies fossiles».

Contaminations par l’eau et l’alimentation

L’eau est également gravement contaminée. Une étude réalisée en 2012 par le ministère des terres et des ressources mettait en évidence que, sur 4.929 sites d’eau souterraine analysés, 41% des échantillons présentaient de l’eau de piètre qualité. 17% étaient d’extrêmement pauvre qualité, avec des niveaux en fer, manganèse, fluor, nitrites, ammonium et métaux lourds dépassant les valeurs-limites. L’alimentation, également, est une source de pollution conséquente pour les Chinois. Une analyse menée par Food Sentry, une société américaine d’analyse de l’inspection alimentaire, s’est penchée sur des denrées destinées à l’exportation: 39% des produits présentaient des résidus de pesticides trop élevés, 28% testés montraient la présence excessive de divers produits chimiques (tels que le formaldéhyde, le dioxyde de soufre ou la soude caustique), 14% des aliments made in China comportaient des pathogènes (dont Escherichia coli et Clostridium botulinum ou des bactéries coliformes), sans compter des mycotoxines (10% des cas), des métaux lourds (5%) ou des résidus de médicaments (4%). De quoi pimenter les repas…

Un tiers du sperme de bonne qualité

Last but not least… un dernier indicateur met en lumière la dégradation de l’environnement. Seul un tiers des dons recueillis par la principale banque du sperme de Shanghai rempliraient les critères de qualité édictés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «Quand l’environnement est dégradé, le sperme devient ’laid‘ et cesse même de nager, expliquait, il y a quelques jours, Li Zheng, médecin spécialiste au sein du département d’urologie d’un hôpital de Shanghai, cité par le Shanghai Morning Post. Pour savoir si un écosystème est stable ou non, il n’y a qu’à examiner le sperme.»

En juin dernier, les plus hautes autorités judiciaires du pays et les ministères de la sécurité publique et de la protection de l’environnement ont annoncé que la peine de mort pourrait être prononcée dans les cas les plus graves de violation des normes environnementales.

 

 

 

 



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