Le sous-sol de la Creuse bientôt creusé?

Le 03 septembre 2013 par Marine Jobert
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Lavaveix-les-mines, dans la Creuse.
Lavaveix-les-mines, dans la Creuse.

L’Etat, qui est en passe de délivrer un deuxième permis de recherche pour différents minérais dans la Creuse, semble avoir des projets pour le sous-sol français.

Arnaud Montebourg, futur ministre de la production minière redressée? Après avoir accordé en juin le permis de recherche de Tennie, pour une mine de cuivre et d’or dans la Sarthe, le voilà en passe d’autoriser la société Cominor à partir en quête «de mines d’or, de cuivre, d’argent, de zinc, d’antimoine, d’étain, de tungstène et substances connexes» sur le permis de Villeranges, dans le département de la Creuse. Un arrêté a été mis en consultation sur le site du ministère du 24 juillet au 4 septembre, par l’entremise d’une simple adresse courriel destinée à collecter les éventuels commentaires. Une note de présentation détaille succinctement les objectifs, les étapes, les avis rendus sur le projet.

 

Réactualiser les paramètres

Accordé pour une durée de trois ans sur une surface d’environ 47,6 kilomètres carrés, «cette demande de permis est justifiée par la présence de nombreux indices et minéralisations aurifères», indique la note. Il est surtout question, dans un premier temps, de reprendre des documents anciens, de les vérifier selon les critères actuels d’évaluation, et de «confronter les résultats obtenus aux réalités économiques actuelles en réactualisant les principaux paramètres tels que les coûts d’exploitation et cours de l’or et métaux connexes». Autant de tâches qui feront débourser 3 millions d’euros à Cominor, une ancienne filiale du BRGM rachetée en 2000 par Areva.

 

Avis nuancés des administrations

Plusieurs administrations ont rendu des avis –réservés- sur le projet. La Direction régionale des affaires culturelles du Limousin fait remarquer que le périmètre sollicité porte sur un secteur «où le patrimoine archéologique est riche, et les forages ne pourront être réalisés sur les sites déjà recensés». L’Agence régionale de santé précise que «des périmètres de protection de puits d’eau potable sont présents et qu’il y a des interdictions associées aux périmètres de protection immédiate et rapprochée qui devront être pris en compte». La Direction départementale des territoires de la Creuse fait valoir que «deux Znieff de type 2 (Vallée de la Voueize et bassin versant de l’étang des Landes) ainsi qu’un double site Natura 2000 (bassin de Gouzon et Etang des Landes) sont situés dans le périmètre demandé qui se trouve également sur la seule zone du département où il existe une nappe souterraine». Le directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement du Limousin (Dreal), au vu de ces éléments, a proposé un avis favorable «en soulignant que le périmètre sollicité est situé dans un secteur avec des enjeux majeurs pour la biodiversité en Limousin, notamment l’étang des Landes, qu’il conviendrait d’intégrer le plus en amont possible du projet». Le préfet lui a emboîté le pas en février de cette année, suivi par le Conseil général de l’économie, de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIETT, ancien Corps des mines), qui a émis un avis favorable à l’attribution de ce permis de recherches le 12 juin 2013.

 

Extraction d'uranium stérile?

L’Aldeah -pour Alternatives au développement extractiviste et anthropocentré- se revendique comme un «espace d’information et de réflexion autour des problématiques relatives aux conflits socio-environnementaux et aux choix et alternatives en matière de développement». Le site, dénonçant une consultation publique «au cœur de l’été et sans en faire la moindre publicité», relève aussi que quantité d’aspects du projet restent dans l’ombre. «Quel minerai est principalement recherché? Que signifie "substances connexes" dans la note de présentation du projet? Y a-t-il l'intention d'extraire de l'uranium des stériles1, comme cela se fait par exemple en Afrique du Sud?» Produits utilisés, nombre d’emplois créés, quantité de camions en circulation, etc. l’Aldeah multiplie les questions sur un projet qui, selon la note de présentation, n’impliquera pas de forage, mais des «sondages d’évaluation», qui ne pourront pas descendre en dessous de 100 mètres sous terre sans autorisation d’ouverture des travaux miniers et étude d’impact à l’appui. «Il y a de quoi se poser de sérieuses questions quant à la cohérence de la politique d’un gouvernement censé, à le croire sur parole, agir en faveur d’une transition écologique et énergétique! La crise justifie-t-elle vraiment que «nos» décideurs politiques soient aussi peu regardants sur la nature de l’activité économique, tant que celle-ci est susceptible de croître?», demande l’Aldeah.

 

1 Compte tenu de la présence d’uranium dans le sous-sol de la Creuse.

 



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