Le sous-développement de l'Inde? La faute aux écolos

Le 16 juin 2014 par Romain Loury
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Narendra Modi, nouveau Premier ministre de l'Inde
Narendra Modi, nouveau Premier ministre de l'Inde
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Les relations s’annoncent tendues entre le nouveau Premier ministre Narendra Modi, entré en fonction fin mai, et les associations de défense de l’environnement: celles-ci se voient accusées, dans un rapport confidentiel, de saper l’économie du pays en s’opposant à plusieurs projets controversés.

Entre 2% et 3% du produit intérieur brut (PIB): telles sont les pertes que les ONG indiennes occasionneraient à l’économie nationale en s’opposant à plusieurs projets censés doper le développement. C’est du moins l’estimation à laquelle aboutit l’Intelligence Bureau, service de renseignement indien placé sous la houlette du ministère de l’intérieur. Sans toutefois livrer les détails de son calcul.

Daté du 3 juin, ce rapport a depuis fuité dans la presse, suscitant la colère des associations indiennes. Parmi elles, six sont nommément citées par le rapport, parmi lesquelles Greenpeace, ainsi que cinq militants, dont la plus célèbre, Vandana Shiva, est impliquée dans la lutte anti-OGM. Leur tort: refuser le développement indien en s’opposant à toutes sortes de projets industriels ou agricoles, et ce en lien avec des puissances étrangères.

Dans son rapport, l’Intelligence Bureau cite plusieurs dossiers auxquels les associations ont fait montre d’une farouche opposition. En vrac, des projets de centrales nucléaires, de mines d’uranium, des centrales à charbon, des autorisations d’OGM, ainsi que divers projets industriels d’envergure, dont une usine d’acier et une mine de bauxite dans l’Etat d’Odisha, des centrales hydro-électriques.

Dans un communiqué de réaction, Greenpeace India répond point par point à ces accusations, en particulier à celle selon laquelle les associations freineraient la croissance. D’autant que, dans un rapport publié en juillet 2013, la Banque mondiale estime que les dégradations de l’environnement coûtent chaque année à l’Inde 5,7% de son PIB.

Au delà des batailles de chiffres, Greenpeace juge que «le PIB constitue un faible indicateur de progrès, [qui] ne dit rien sur la qualité de vie, le niveau de formation, la santé, etc., en particulier pour les centaines de millions de gens qui ne bénéficient pas de l’actuel modèle indien. Il est impossible de dissocier le développement de l’ensemble des questions environnementales».

Accusée entre les lignes d’être à la solde de puissances étrangères, Greenpeace s’étonne d’un tel procès, rappelant que «la technologie des OGM est poussée en Inde par des multinationales américaines, telles que Monsanto». Selon l’Intelligence Bureau, les associations sont à l’origine du moratoire imposé en 2010, sous le gouvernement de Manmohan Singh (parti du Congrès), sur les aubergines produisant la toxine Bt.

Voilà qui présage bien mal des relations qu’entretiendront les associations avec Narendra Modi, aussi économiquement libéral que politiquement nationaliste. Et qui laisse craindre, plus largement, la fuite en avant d’un pays non seulement très touché par la pollution atmosphérique (voir le JDLE), mais qui a particulièrement à craindre des changements climatiques.



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