Le sommet Climate Chance d’Agadir acte «la fin d’un cycle» climatique

Le 14 septembre 2017 par Stéphanie Senet
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Pour le président de Climate Chance, le temps des seules COP est révolu
Pour le président de Climate Chance, le temps des seules COP est révolu

Le sommet Climate Chance s’est conclu à Agadir, le 13 septembre, avec l’adoption d’une feuille de route rappelant que l’action climatique ne peut être dissociée des enjeux de développement durable et des acteurs non étatiques.

 

Avant que ne se clôture le troisième sommet Climate Chance, les acteurs non étatiques ont tenu à rappeler la nécessité de conjuguer atténuation et adaptation au dérèglement climatique aux autres grands défis de ce siècle. A commencer par la lutte contre la pauvreté, mais aussi l’accès à l’énergie durable, à l’eau et autres ressources, développement urbain durable, souveraineté alimentaire, santé des populations, égalité homme-femme, travail décent et droit des travailleurs, respect des droits des peuples autochtones, protection des forêts et de la biodiversité, préservation des ressources naturelles.

 

50 signataires

Autant d’enjeux qui ont été listés dans la déclaration de clôture, dite «déclaration d’Agadir», signée par une cinquantaine d’organisations dont les 4 principales associations de collectivités (CGLU, ICLEI, R20, C40), ainsi que des représentants d’entreprises (Global Compact France, Orée), de jeunes (Youngo), de peuples autochtones (IPACC), d’ONG (Climate Action Network, Réseau marocain de l’économie sociale et solidaire, Women in Europe for a common future), et de syndicats (CSI, CFDT).

 

Acteurs des négociations

Deuxième message: les acteurs non étatiques rappellent leur volonté d’être associés aux négociations climatiques internationales, dont le prochain rendez-vous est attendu à Bonn, avec la tenue de la COP 23 du 6 au 17 novembre. «Leur rôle ne peut se résumer au Partenariat de Marrakech. Ils doivent être en mesure de pouvoir intervenir dans le cadre de la négociation elle-même», affirme le texte final.

 

Dialogue de facilitation

Le dialogue de facilitation, qui sera esquissé à Bonn et débutera en 2018 en Pologne, a pour mission de renforcer les contributions déterminées au niveau national (INDC) d’ici 2020. Une occasion en or pour associer Etats et acteurs non étatiques autour de nouveaux objectifs ambitieux pour le climat.

 

Appel aux fonds

La déclaration d’Agadir insiste aussi sur la nécessité de développer les actions d’adaptation, «qui ne doivent pas être le parent pauvre des financements climat». Des fonds qui ne sont d’ailleurs pas à la hauteur des enjeux. D’où l’appel à «accroître les financements internationaux publics et privés» et au respect, par les pays développés, de leur engagement «à mobiliser 100 milliards de dollars de fonds supplémentaires par an, d’ici 2020». Des propositions précises seront d’ailleurs émises par les acteurs non étatiques à l’occasion du sommet Climat organisé à Paris par le président Macron.

 

Base de données scientifique

Enfin, cette communauté climatique lance un appel à une collaboration étroite avec les scientifiques, en proposant de leur fournir données et retours d’expérience des actions menées. Le sommet d’Agadir a d’ailleurs concrétisé le lancement officiel de l’Observatoire Climate Chance de l’action climat des acteurs non étatiques, dont le premier rapport est attendu à l’automne 2018, à la veille de la COP 24.

 

«La fin d’un cycle»

« On est à la fin d’un cycle. Les acteurs étatiques ont compris que le processus des COP ne pouvait suffire. L’accès aux financements en est d’ailleurs un exemple révélateur puisque le débat avance en dehors des COP», observe Ronan Dantec, l’instigateur du premier Sommet Climat et territoires à Lyon en 2015 et président de l’association Climate Chance.

L’avenir est selon lui «au renforcement des coalitions thématiques portées par Climate Chance», à «une collaboration plus étroite avec les Etats au sein des COP» et «au développement d’une stratégie de conviction avec les autres acteurs institutionnels, notamment de la finance et du développement». Si le rendez-vous du prochain sommet Climate Chance n’est pas encore arrêté, il pourrait se tenir en 2018 en Californie, dans le cadre du sommet organisé par le gouverneur Jerry Brown. Selon nos informations, le Nigéria a également fait savoir qu’il était candidat pour accueillir une édition future.



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