Le solaire thermodynamique peine à se lever en France

Le 19 novembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Construite près de Séville, la centrale PS10 produit 23 GWh par an.
Construite près de Séville, la centrale PS10 produit 23 GWh par an.
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C’est sous la grisaille parisienne que le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a ouvert, ce mardi 19 novembre, son troisième colloque sur le solaire thermodynamique.

Vieille branche des énergies solaires, les techniques à concentration regroupent les technologies transformant l’énergie radiative du soleil en une forte chaleur, réutilisable telle quelle ou pour produire de l’électricité ou du froid.

Lancée dans les années 1980 avec la centrale française Thémis, cette énergie renouvelable s’est un peu développée aux états-Unis, avant de retomber dans l’oubli pendant près de deux décennies.

Espagne, championne du monde

Relancée depuis 2005, elle totalise aujourd’hui une puissance mondiale cumulée de 2,8 gigawatts, dont 2 en Espagne. Peu de choses si l’on compare avec le parc photovoltaïque planétaire: 102 gigawatts crête. Pour autant, les projections sont prometteuses. Grâce notamment à un ambitieux programme saoudien (25 GW installés en 2035), le parc mondial de centrales solaires à tour, de collecteurs Fresnel, paraboliques ou cylindro-paraboliques pourrait atteindre les 72 GW en moins de 20 ans. L’Agence internationale de l’énergie les voit même fournir 11% de l’électricité mondiale en 2050: autant que le nucléaire aujourd’hui!

Hier pionniers, les industriels français sont désormais distancés par leurs concurrents espagnols ou américains. Certains poids lourds, comme Areva et Alstom, compensent à coup de rachat d’entreprises australiennes ou américaines. Des PME, comme Euromedsolar ou la CNIM décrochent quelques petits contrats. Mais cela ne va pas loin. Sur les 3.100 mégawatts en cours de construction dans le monde, 6% le seront par des entreprises tricolores. Trop peu, alors qu’un rapport d’Ernst & Young estime à 10% la part de marché potentielle des centrales made in France.

Des appels d'offres, sinon rien

La solution? Des références hexagonales. «La France s’est engagée à construire 540 MW de centrales solaires thermodynamiques d’ici à 2020. Or, pour le moment, les appels d’offres de la CRE n’ont lancé que deux projets pour une puissance de 21 MW», se lamente Roger Pujol, directeur général de la division solaire de la CNIM.

A quelques semaines de la publication d’un troisième appel d’offres solaire par le régulateur des marchés de l’énergie, le SER a remis au ministre de l’écologie son livre blanc de la filière solaire thermodynamique. En quelques pages, le document plaide pour le lancement de nouveaux projets domestiques et rappelle tout le bénéfice que la collectivité pourrait en tirer.

En prenant pour hypothèse un tarif d’achat du courant solaire thermodynamique à 350 euros le mégawattheure, le SER estime que le surcoût (par rapport au prix de revente de l’électricité nucléaire dans le cadre de l’Arenh) lié à la mise en œuvre de 540 MW de capacité serait supérieur à 2 milliards d’euros sur la période 2013-2020. Un coût largement compensé, estime le syndicat professionnel, par la création de valeur ajoutée (1,1 Md€) et les gains de la filière à l’export (2,2 Md€). Sans compter la création de 82.000 emplois à temps plein. Une perspective séduisante mais très hypothétique.



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