Le soja n’aime pas les «nano»

Le 22 août 2012 par Geneviève De Lacour
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Le soja n'aime pas l’oxyde de cérium
Le soja n'aime pas l’oxyde de cérium

Trouver des nanoparticules dans les cosmétiques, les carburants, les revêtements? Rien d’étonnant puisque ces molécules infiniment petites sont de plus en plus utilisées pour leurs propriétés exceptionnelles. Mais les scientifiques s’inquiètent de leur accumulation dans les sols et in fine de les voir s’immiscer dans la chaîne alimentaire.

Une étude publiée le 20 août dans les annales de l’Académie des sciences des Etats-Unis (Pnas) s’intéresse tout particulièrement à la croissance du soja –5e culture du monde- en présence de deux nanoparticules. Les résultats indiquent que les nanomolécules présentes dans les gaz d’échappement et certains fertilisants affectent directement la croissance de cette herbacée ainsi que la fertilité des sols. Plus précisément, elles causent directement préjudice aux bactéries dont se sert la plante pour son développement.

L’équipe de scientifiques de l’université de Californie, à Santa Barbara, qui a mené cette étude a testé les effets de l’oxyde de zinc et de l’oxyde de cérium. Le premier est employé dans les cosmétiques mais termine souvent sa vie dans les déchets solides générés par les stations d’épuration, déchets qui sont recyclés comme fertilisants organiques. Tandis que le second est un additif de carburant utilisé pour améliorer la combustion et réduire les émissions particulaires.

L’équipe de Patricia Holden, qui a dirigé l’étude, a fait pousser du soja en serre en présence d’une concentration de plus en plus importante de ces deux oxydes. Elle a ensuite observé la manière dont ces «nano» se sont accumulées dans les différentes parties de la plante en surveillant sa croissance globale.

Les scientifiques ont constaté que les plantes cultivées en présence d’oxyde de zinc poussent légèrement mieux que les plantes-témoins (celles qui sont cultivées sans nanoparticules). Et le zinc nanoparticulaire a tendance à s’accumuler dans les parties comestibles de la plante, c’est-à-dire les feuilles et la graine du soja.

De précédentes études ont réussi à montrer que l’oxyde de zinc sous forme «nano» est toxique pour les cellules de mammifères cultivées en laboratoire. Mais les effets potentiels sur l’humain restent à démontrer.

Autre constat réalisé par l’équipe californienne, la croissance du soja est particulièrement retardée lorsque les plantes sont cultivées en présence de fortes concentrations d’oxyde de cérium. Cet oxyde est en effet capable de pénétrer dans la plante par ses racines. Or les racines renferment une population de bactéries très utiles. Ce sont elles qui permettent la transformation de l’azote atmosphérique en une forme que la plante peut utiliser pour croître. Elles fixent l’azote.

Les résultats montrent donc que les nanomolécules de cérium inhibent totalement la capacité des bactéries à fixer l’azote, affectant d’autant la croissance de la plante.

Les auteurs de l’étude estiment que l’accumulation de nanoparticules dans les sols pourrait affecter la qualité et la productivité des cultures, même si la toxicité des «nano» varie d’une molécule à l’autre.

Une tendance qui obligerait les agriculteurs à utiliser de plus en plus de fertilisants synthétiques…

 



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