Le serpent géothermie refait surface à La Réunion

Le 15 juin 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le cirque de Cilaos.
Le cirque de Cilaos.
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Le 14 juin, le ministère de l’environnement a mis en consultation le dossier de demande de permis exclusif de recherches de gîtes géothermiques déposé, fin 2014, par la société Volcanergie.

Créé par Olivier Bouttes, dirigeant de la société Electerre de France, Volcanergie entend créer une centrale électrique à géothermie profonde, prévue par la programmation pluriannuelle de l’énergie de La Réunion.

5 MWe de puissance

Située aux environs du massif du Piton des neiges (3.070 mètres d’altitude), l’installation afficherait une puissance maximale de 5 mégawatts électriques. Mais nous n’en sommes pas encore là. Pour le moment, Volcanergie se contente de vouloir évaluer l’importance de la ressource géothermique, sur un périmètre de 60 kilomètres carrés, dans les cirques de Cilaos et de Salazie, aux alentours du volcan éteint. D’éventuels forages de prospection pourraient ensuite être réalisés, en cas de résultats favorables.

La durée de consultation de la demande de permis est d’environ trois semaines. Mais la partie est loin d’être gagnée pour l’entrepreneur tant la géothermie a été, dans un passé proche, l’objet de batailles entre les ONG locales, l’Etat, la Région et les promoteurs.

Plaine des Sables

Dans les années 2000, Jacques Vergès, ancien président du conseil régional, entendait faire accéder en 2030 l’ancienne Ile Bourbon à l’indépendance énergétique grâce à un fort développement des énergies renouvelables. Une centrale à géothermie était prévue dans la plaine des Sables, à proximité du piton de la Fournaise, un volcan extrêmement actif.

Torpillé par les ONG locales, le projet a été définitivement abandonné à la suite du changement de majorité régionale. Présentée en mai 2015, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de La Réunion prévoit la réalisation, pour 2023, d’une centrale à géothermie dont la puissance pourrait atteindre 5 MWe. Ce qui ne semble pas convaincre l’exécutif régional, qui a déjà exprimé des doutes sur la faisabilité d’une telle installation.

Znieff, parc et Unesco

Autre écueil: les deux périmètres de prospection se situent dans l’aire d’adhésion au parc national, comptent une vingtaine de zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff). La demande de permis concerne aussi deux emprises sur le territoire classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Volcanergie assure toutefois que «les explorations qui seront menées […] ne s’effectue[ro]nt pas sur ce secteur».

Vraiment, ça n’est pas gagné.



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