Le Sénat va plancher sur les sols pollués

Le 06 février 2020 par Romain Loury
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Salsigne, site durablement pollué
Salsigne, site durablement pollué
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Une commission d’enquête sur la pollution des sols ayant accueilli des activités industrielles et minières a été mise en place mercredi 5 février au Sénat. Visant en particulier le site de Salsigne, archétype d’une gestion défaillante de l’après-mine, elle dispose de six mois pour rendre son rapport.

Jugée recevable le 24 janvier par le président de la commission des lois du Sénat, Philippe Bas, la proposition de résolution, du groupe socialiste et républicain, visait à la création d’une commission d’enquête «sur les problèmes sanitaires et écologiques liés aux pollutions des sols qui ont accueilli des activités industrielles ou minières, et sur les politiques publiques et industrielles de réhabilitation de ces sols».

Ses 21 membres ont été désignés mercredi 5 février. La réunion constitutive devrait se tenir mercredi 19 février: la commission y désignera son président, son rapporteur et décider d’un calendrier de travail (auditions, déplacements, etc.). Le rapport devra être rendu dans un délai maximum de six mois.

A Salsigne, les affres de l’après-mine

L’idée émane de Gisèle Jourda, sénatrice de l’Aude, qui devrait être désignée rapporteure. C’est sur ce département que se situe l’ancien site minier de Salsigne, dont la pollution à l’arsenic constitue une menace durable pour la santé des riverains. L’affaire s’est ravivée suite aux inondations survenues mi-octobre 2018, qui ont abouti à la contamination de nombreux enfants.

Gisèle Jourda a interpelé à plusieurs reprises la ministre de la santé, le premier ministre et le président de la république. Longtemps laissée sans réponse, elle s’est finalement vue renvoyer vers l’agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie. Dans l’entourage de la sénatrice, on juge au contraire que «ce n’est pas un problème local, mais national, auquel il faut des réponses nationales».

6.800 sites en France, au bas mot

Car au-delà de Salsigne, l’exposé des motifs de la résolution rappelle que 6.800 sites et sols pollués sont recensés en France, «auxquels s’ajoutent près de 300.000 anciens sites industriels potentiellement pollués dont le recensement reste à faire», «le plus souvent laissés en déshérence, alors qu’ils sont fréquemment situés aux abords des agglomérations». Face à ces situations, les pouvoirs publics «ont privilégié des mesures de réaction, et non d’anticipation».

Contacté par le JDLE, Max Brail, maire de Lastours, commune située sur le site de Salsigne, estime que la création de cette commission d’enquête «est une bonne chose : si le gouvernement nous prend depuis longtemps à la légère, le Sénat a entendu et compris ce que nous vivons. Il s’agit maintenant de comprendre quelles erreurs ont été commises, quelles pistes pour y remédier».