Le Sénat fan de la route solaire

Le 29 mars 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La nouvelle génération de route solaire est expérimentée à la Réunion.
La nouvelle génération de route solaire est expérimentée à la Réunion.
VLDT

La Haute assemblée a adopté un amendement à la loi sur les mobilités ouvrant la voie des certificats d’économie d’énergie (CEE) à la route solaire de Colas.

 

Une fois n’est pas coutume, la Chambre haute du Parlement veut soutenir l’énergie solaire. Jeudi 28 mars, une majorité des sénateurs présents ont adopté un curieux amendement au projet de loi sur les mobilités, la fameuse loi LOM.

Porté par des parlementaires dont certains très favorables à l’énergie nucléaire (comme Bruno Sido ou Gérard Longuet), le texte propose de rendre éligible au mécanisme des certificats d’économie d’énergie (CEE) des «solutions de mobilité innovantes comme les routes solaires».

amendement opportun

Adopté par le Sénat, cet amendement tombe à point nommé pour… Wattway. Depuis plusieurs années, cette filiale de Colas, leader mondial de la route (groupe Bouygues), met au point cette fameuse route solaire. Conçue en partenariat avec l’Institut national de l’énergie solaire de Chambéry (Ines), cette innovation a eu son heure de gloire lorsqu’un tronçon de 1.000 mètres a été inauguré fin 2016 par la ministre chargée de l’énergie, une certaine Ségolène Royal. Enthousiasmée par le concept, la désormais ambassadrice de France aux pôles avait prévu d’étendre ce dispositif sur 1.000 kilomètres. Un projet délirant.

15 fois plus cher

Délirant, car à l’époque, le montant du devis atteint les 5 milliards d’euros. Le tout pour des panneaux solaires à faible rendement et à prix très élevé. En 2016, le coût de production de l’électricité générée par la route atteint 17 €/watt-crête: 15 fois celui des panneaux installés sur les grandes toitures ou sur des ombrières de parking.

5e génération

Depuis, Wattway a progressé. Les derniers tronçons-tests, comme celui installé sur l’île de La Réunion affichent un meilleur rendement énergétique que les prototypes. Normal: les cellules photovoltaïques, qui produisent désormais sur toute leur surface, sont enrobées de résines plus résistantes. Le câblage a aussi été revu pour réduire les temps de pose. «Cette 5e génération de route solaire que nous commercialisons depuis janvier 2019 suscite beaucoup d’intérêt de la part de collectivités territoriales», nous révélait Patrick Polverelli, directeur technique adjoint de Colas.

Au moment où le groupe de BTP met son innovation sur le marché, les sénateurs lui permettent de bénéficier d’une petite aide financière, via les CEE. A moins, bien sûr, que les députés défassent ce qu’ont voté les sénateurs.



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