Le sel, pas si nocif chez les personnes âgées

Le 21 janvier 2015 par Romain Loury
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Exception inutile pour les seniors?
Exception inutile pour les seniors?
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Chez les personnes âgées, nul besoin de trop limiter sa consommation de sel. Selon une étude américaine publiée dans la revue Jama Internal Medicine, une consommation supérieure aux recommandations semble sans impact sur la mortalité… au moins jusqu’à un certain degré.

Facteur d’hypertension et d’infarctus, le sel est beaucoup trop consommé. En France, un homme en consomme en moyenne 8,7 grammes par jour -sans tenir compte du sel de table-, une femme 6,7 g, un garçon 5,9 g et une fille 5 g. Encore au-dessus des objectifs fixés par le programme national Nutrition Santé (PNNS3, 2011-2015), de 8 g/jour chez les hommes, et de 6,5 g chez les femmes et les enfants.

Chez les personnes âgées, il est conseillé de consommer encore moins de sel. Pour le sodium, les apports suffisants sont de 1.200 mg/jour après 70 ans, contre 1.500 mg entre 19 et 50 ans, et 1.300 mg entre 50 et 70 ans. Pourtant, le sel ne serait pas plus dangereux passé un certain âge, suggère l’étude publiée par l’équipe de Stephen Kritchevsky, de la Wake Forest School of Medicine (Caroline du Sud).

Les chercheurs ont suivi 2.642 personnes âgées de 71 à 80 ans pendant 10 ans, analysant l’incidence d’accidents cardiovasculaires en fonction de la consommation de sel déclarée par chaque participant. Résultat, les personnes consommant entre 1.500 mg et 2.300 mg de sel n’étaient pas plus à risque que celles en prenant moins de 1.500 mg par jour [1].

Il n’y avait aucune différence significative en termes d’infarctus, d’insuffisance cardiaque ou de mortalité toutes causes confondues. Les chercheurs perçoivent un revanche une hausse du risque au-dessus de 2.300 mg, un effet à confirmer du fait qu’il n’était observé que chez les femmes et les Afro-américains.

«Afin de conforter ces résultats, il faudra mener d’autres travaux, en particulier des études comparatives évaluant d’autres seuils de sodium, avant d’émettre des recommandations de réduction allant au-delà de celles en vigueur pour la population générale adulte», concluent les auteurs.

[1] Aux Etats-Unis, le seuil de 2.300 mg de sodium correspond à celui à ne pas dépasser chez les adultes, celui de 1.500 mg s’appliquant après 70 ans.



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