Le sel frappe surtout à l’Est

Le 27 août 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le sel, source d'inégalités mondiales
Le sel, source d'inégalités mondiales
DR

En 2010, l’excès de sel était lié à 1,65 million de décès à travers le monde, révèle une étude publiée dans le New England Journal of Medicine (NEJM). Pays les plus touchés, ceux d’Europe de l’Est et d’Asie centrale.

Premier constat: nous sommes bien peu nombreux à respecter les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui conseille de ne pas dépasser 2 grammes de sodium par jour (5 g de sel). Selon l’étude publiée dans le NEJM par le consortium de recherche Nutricode [1], seule 0,8% de la population mondiale respecterait ce seuil.

Pire, 88,3% de la population mondiale excèderait 7,5 g de sel par jour. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) estime que les hommes sont aux alentours de 10 g/jour, les femmes vers 8 g/jour.

Or si l’on en croit les résultats de cette étude, le sel constitue un facteur majeur de mortalité au niveau mondial: en 2010, il était à l’origine de 1,65 million de décès d’origine cardiovasculaire. Parmi eux, 41,7% sont liés à des maladies coronariennes, tel l’infarctus, et 41,6% à des accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Le sel est directement responsable de 9,5% des décès d’origine cardiovasculaire, voire de 17,8% parmi ceux survenant prématurément, à savoir avant l’âge de 70 ans. Pays les plus touchés, ceux d’Asie centrale, d’Europe de l’Est et d’Europe centrale: la Géorgie arrive ainsi en tête, avec 1.967 décès par million d’habitants par an.

Le Kenya, pays le moins touché

Parmi les 30 pays les plus peuplés, l’Ukraine l’emporte avec ses 1.540 morts par million d’habitants et par an. C’est en revanche sur l’île Maurice que le poids du sel est le plus élevé, avec 27,4% des maladies cardiovasculaires. En queue de classement, le Kenya ne totalise que 4 décès cardiovasculaires liés au sel, par million d’habitants et par an!

Souvent associé à l’alimentation occidentale, le sel fait bien moins de victimes en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord, aux alentours de 100 décès par million d’habitants par an chez les moins de 70 ans -comme en Afrique subsaharienne. Soit plus de 5 fois moins que pour l’ensemble de la zone Asie centrale/Europe de l’Est et centrale, qui dépasse les 500 décès par million d'habitants et par an.

Déjà lourd, ce bilan de 1,65 million de morts par an pourrait être revu à la hausse, si l’on va au-delà des maladies cardiovasculaires. Outre celles-ci, le sel est en effet impliqué dans bien d’autres maladies chroniques, dont l’obésité et le cancer de l’estomac (voir le JDSA).

 [1] Global Burden of Diseases Nutrition and Chronic Diseases Expert Group.



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus