Le secteur de l’énergie américain bute sur le changement climatique

Le 22 juillet 2013 par Marine Jobert
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Une barge charge des hydrocarbures sur le Mississipi.
Une barge charge des hydrocarbures sur le Mississipi.
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Le département de l'énergie américain a publié, le 11 juillet, un rapport consacré à la vulnérabilité du secteur de l’énergie au changement climatique et aux événements météorologiques majeurs. Car les Etats-Unis connaissent année après année des avanies climatiques d’ampleur, qui les amènent à anticiper pour assurer la résilience la meilleure possible de leurs systèmes d’approvisionnement en énergie. «2012 a été l’année la plus chaude, les crues les plus importantes depuis des générations ont couvert plus de la moitié du pays, des feux ont ravagé quantité d’Etats de l’ouest, et l’ouragan Sandy a dévasté des pans entiers de notre territoire à l’est», rappelle le département de l'énergie, qui liste 30 exemples d’événements climatiques qui ont perturbé lourdement la production, la livraison ou le stockage d’énergie ces dernières années.

 

Trois grandes tendances ont été identifiées comme porteuses de dysfonctionnements majeurs: l’accroissement des températures de l’air et de l’eau, la raréfaction de la ressource en eau, l’augmentation du nombre et de l’intensité des tempêtes, des sécheresses et de la montée des eaux. Ces phénomènes ne se limitent évidemment pas aux Etats-Unis. «Même si ce rapport se concentre sur la situation américaine, il est vraisemblable que tous les pays –et notamment ceux auxquels les Etats-Unis importent leurs énergies fossiles et leur électricité- auront à connaître de tels impacts, ce qui risque d’avoir des effets sur la sécurité énergétique américaine.»

 

L’eau, trop chaude, trop abondante, ou trop rare, semble être la clé de voûte du fragile édifice. La baisse du niveau des cours d’eau a des effets dramatiques sur les centrales électriques, qu’elles fonctionnent au charbon, au gaz ou à l’uranium, car elles requièrent de grandes quantités d’eau pour produire de la vapeur et pour être refroidies. Moins attendu, le transport de charbon et de pétrole a été considérablement affecté sur le Mississipi, tant l‘étiage a été bas au cours de l’été dernier. Paradoxe: les inondations de la rivière Yellowstone (Montana) ont causé la rupture d’un pipeline de pétrole en juillet 2011, engendrant des dommages chiffrés à 135 millions de dollars (102 M€). Sans oublier la production d’énergie par les barrages, qui peut également être gravement perturbée en cas de baisse des précipitations.

 

La production de gaz et de pétrole non conventionnels pourrait également être remise en question lors de stress hydriques sévères, car la fracturation hydraulique (technique utilisée pour les extraire) exige des quantités d’eau colossales [JDLE]. Les forages à terre et en mer en Arctique peuvent également connaître des complications à cause du dégel du permafrost, entraînant des dommages au matériel et rendant délicat l’accès aux infrastructures. A l’inverse, note le département à l’énergie, «les opérations offshore pourraient profiter d’une saison sans glace plus longue».

 

Les infrastructures situées le long des côtes sont évidemment vulnérables à la montée des eaux, mais aussi aux tempêtes de forte intensité et aux inondations. Les lignes électriques, les transformateurs et le système de distribution sont de plus en plus endommagés par les ouragans, les tempêtes et les incendies. Les fortes chaleurs peuvent également handicaper le transport d’électricité et les systèmes de distribution, qui sont alors moins efficients. La production d’énergie par des éoliennes pourrait souffrir de fortes variations des régimes de vent.

 

Enfin, la demande énergétique va augmenter à mesure que le climat va connaître des épisodes climatiques intenses: air conditionné en été pour faire face aux canicules, chauffage l’hiver pour remédier à des températures plus basses. Des situations qui font craindre des blackouts comme celui de l’été 2003.

 

Ces constats diffèrent d’une région à l’autre, tant le pays est vaste et les conditions climatiques hétérogènes de la côte est à la côte ouest. Mais les systèmes, de production comme de distribution sont interconnectés, même s’ils le sont moins que ceux des Européens. C’est pourquoi le département de l’énergie sonne le branle-bas de combat réglementaire et technologique, appelant tous les échelons du pouvoir à se saisir du problème et tous les organismes volontaires –privés et publics- à mener des recherches pour améliorer la résilience du système. Il est plus que temps de se lancer dans l’aventure: à lire le rapport, bien peu d’idées concrètes émergent pour combattre les conséquences du dérèglement climatique sur le système énergétique de la première puissance du monde.

 

 



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