Le Sahara à l’origine de gastroentérites

Le 11 mai 2016 par Romain Loury
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Vibrio parahaemolyticus
Vibrio parahaemolyticus
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Les vents du Sahara modifient la flore microbienne marine, dont les bactéries Vibrio impliquées dans des maladies chez l’homme, révèle une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas). Avec la désertification attendue du fait du réchauffement, le phénomène pourrait s’accroître.

Généralement restreints aux eaux chaudes et tropicales, les vibrions comptent dans leurs rangs l’agent du choléra (V. cholerae), V. vulnificus et V. parahaemolyticus, qui se retrouvent dans les poissons et les coquillages et peuvent engendrer des gastroentérites. Aux Etats-Unis comme en Europe, ces infections alimentaires, bien qu’encore rares, connaîtraient une nette augmentation.

En juillet 2012, une étude menée dans les pays scandinaves établissait un lien entre le réchauffement, l’apparition de bactéries Vibrio et la survenue de plus en plus fréquente d’épidémies de gastro-entérites autour de la mer Baltique. Vibrio parahaemolyticus, dont les infections sont plus fréquentes en Amérique et en Asie, commence à faire son apparition sur les côtes atlantiques européennes.

Le fer du Sahara

Pour des raisons jusqu’alors peu expliquées, les vibrions de la mer des Caraïbes, surpassés en nombre par d’autres espèces bactériennes, connaissent parfois de fortes poussées, devenant brièvement dominants. Jason Westrich, de l’université de Géorgie à Athens, et ses collègues en livrent l’explication: l’arrivée de vents du Sahara, qui fertilise la surface marine en fer, élément nécessaire à la croissance de ces bactéries.

Les chercheurs en ont fait l’expérience in vitro, exposant des échantillons d’eau marine à du sable du Sahara, puis par des observations in vivo: toute arrivée de vents du Sahara coïncide avec une forte croissance des vibrions, avec une multiplication allant jusqu’à 30 en moins de 24 heures, allant jusqu’à 20% de l’ensemble des bactéries.

Selon les auteurs, la recrudescence de maladies liées aux Vibrio, aux Etats-Unis et en Europe, pourrait bien s’expliquer par le réchauffement des eaux marines. Mais ce phénomène pourrait être fortement accéléré par la désertification du Sahara, apportant toujours plus de fer dans les eaux des Caraïbes, et déstabilisant la flore microbienne marine.



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