Le Royaume-Uni, champion européen des exportations illégales de DEEE

Le 08 février 2019 par Stéphanie Senet
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Au moins 350.000 t de DEEE sont envoyés chaque année d'Europe dans des pays en développement
Au moins 350.000 t de DEEE sont envoyés chaque année d'Europe dans des pays en développement
Basel Action Network

 

Interdits à l’exportation, de nombreux déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) européens sont envoyés chaque année en Afrique et en Asie. Une enquête publiée le 7 février par l’ONG américaine Basel Action Network (BAN) précise leur provenance.

 

Minutieuse, cette étude s’appuie sur les résultats de 314 traceurs GPS placés sur des ordinateurs, des écrans LCD et des imprimantes destinés à être recyclés dans 10 pays européens[1]. Elle montre que 19 produits usagés ont été en réalité exportés, dont 11 en Afrique (Ghana, Nigéria, Tanzanie) et en Asie (Pakistan et Thaïlande). En toute illégalité. La convention de Bâle interdit en effet leur exportation vers des pays hors OCDE[2] en raison des composants toxiques, dont le mercure, le plomb et les retardateurs de flamme.

 

6 pays sur 10

Deuxième constat: le Royaume-Uni arrive en tête des exportations illégales. Cinq déchets électroniques tracés provenaient de centres de recyclage situés en Angleterre et en Ecosse. Ils ont été retrouvés au Nigéria, Pakistan et Tanzanie. Les autres étaient issus d’Allemagne, Espagne, Irlande, Italie et Pologne.

 

Au moins 350.000 t par an

Par extrapolation, le BAN estime qu’environ 352.474 tonnes de DEEE sont envoyés chaque année d’Europe dans des pays en développement. «Ces résultats vont à l’encontre des engagements de l’Union européenne en faveur d’une économie circulaire. Celle-ci ne pourra exister qu’en s’attaquant aux externalités et aux fuites du système», commente Jim Puckett, directeur de l’ONG.

 

«Une aiguille dans une botte de foin»

Selon Chris Smith, de l’agence britannique pour l’environnement, «une équipe est entièrement dédiée au Royaume-Uni à la détection et à la prévention de ces transferts illégaux. Mais le défi est immense. Cela revient à chercher une aiguille dans une botte de foin.» L’enquête de BAN leur a en tout cas permis d’identifier 4 opérateurs britanniques recourant à ces activités illégales.

 



[1] Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Hongrie, Irlande, Italie, Pologne et Royaume-Uni

[2] Organisation de coopération et de développement économiques

 



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