Le Royaume-Uni : champion du monde de la décarbonation

Le 05 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Royaume-Uni leader mondial de la lutte contre le réchauffement.
Le Royaume-Uni leader mondial de la lutte contre le réchauffement.
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Si les économies de la Chine et de quelques pays d’Amérique latine affichent une bonne évolution de leur intensité carbone, seul le Royaume-Uni réduit suffisamment ses émissions pour atteindre son objectif climatique.

En matière climatique, les bonnes nouvelles ne sont pas toujours excellentes. Et les moins bonnes ont parfois de bons côtés. Témoin: la dernière mouture du palmarès mondial de l’intensité carbone. Publiée chaque année par PriceWaterHouseCoopers (PWC), cette étude évalue la performance climatique des principales économies de la planète. En prenant pour base le ratio PIB/millions de tonnes de gaz carbonique émises.

légère décorrélation

Dans l’édition mise en ligne le 5 octobre, le consultant rappelle quelques données de base. L’an passé, la production de richesses a bondit de 3,8% dans le monde, en grande partie grâce au dynamisme des économies chinoise et indienne. La demande d’énergie n’a, elle, progressé que de 2,1%; le signe d’une légère décorrélation entre la production de biens et services et la consommation d’énergie. Un bon point. Pour autant, après une relative stagnation, les émissions anthropiques de CO2 sont reparties à la hausse: +1,4%.

deux fois plus d'efforts

Que penser de cette bordée de chiffres? Que l’intensité carbone de l’économie planétaire a diminué de 2,6%, l’an passé. Encourageant, mais insuffisant. Atteindre les objectifs que les Etats se sont eux même fixés (dans les INDC et les NDC) implique d’abaisser, chaque année, cette intensité d’au moins 3%. En revanche, vouloir stabiliser le réchauffement à 2°C implique de faire, dans la durée, un effort plus de deux fois plus important encore (6,4%/an). Nous en sommes fort loin.

Avec une chute de leur intensité carbone voisine de 5% entre 2016 et 2017, 5 pays (Argentine, Brésil, Chine, Mexique et Royaume-Uni) passent très près de l’exploit. Presque satisfaisante, leur performance doit néanmoins être appréciée au cas par cas. Et sur plusieurs exercices.

autant qu'en 1890

Prenons, par exemple, l’évolution des émissions nettes de gaz carbonique. Entre 2006 et 2016, les rejets carbonés de l’Argentine, du Brésil et de la Chine ont grosso modo progressé de 3% par an. Le Mexique affiche une croissance de ses émissions moitié moindre: +1,4%. Seul le Royaume-Uni présente une facture négative: -3,4% d’émission de CO2 par an, en moyenne. En 2017, le Royaume-Uni a ainsi relâché 398 Mt CO2: le même bilan carbone que celui comptabilisé en… 1890, année reine du charbon. Légèrement en avance sur son programme, pour atteindre les buts qu’elle s’est fixés en 2015, Londres devrait néanmoins faire deux fois mieux pour concourir efficacement à la stabilisation du réchauffement à 2°C.

Avec un taux de diminution moyen de ses émissions de 1,9% l’an, la France est loin derrière. Et devrait le rester longtemps encore.

Continuité. La décarbonation se poursuit outre-Manche. Mercredi 4 octobre, le Crow Estate, établissement qui gère les possessions de la famille royale, a donné son feu vert à la pose de 8 parcs éoliens marins, au large du Royaume, pour une capacité installée supérieure à 3,2 gigawatts (GW). Outre-Manche, les fonds marins britanniques sont propriété du souverain.
 


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