Le RoundUp toxique pour le rein

Le 31 août 2015 par Romain Loury
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Mauvaise année pour le RoundUp
Mauvaise année pour le RoundUp
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L’herbicide RoundUp, dont le principe actif est le glyphosate, pourrait avoir des effets toxiques  sur le rein et sur le foie à de faibles doses. Ce qui pourrait expliquer les épidémies d’insuffisance rénale chez les agriculteurs de plusieurs pays du Sud.

Publiée dans la revue Environmental Health, cette étude menée au King’s College de Londres, signée entre autres par Gilles-Eric Séralini [1], révèle un effet jusqu’alors inconnu à d’aussi faibles doses de RoundUp.

Celle utilisée par les chercheurs est de 4 nanogrammes de glyphosate par kg de poids corporel, alors que la dose journalière admissible (DJA) fixée par l’Union européenne est de 0,3 mg/kg, soit une différence d’un facteur 75.000.

Exposés pendant deux ans au RoundUp, les rats de laboratoire présentaient un changement sensible de l’expression des gènes dans le foie et le rein, suggérant une nette altération de la fonction de ces organes. En l’état des données, il est impossible de dire si le glyphosate en est responsable, ou s’il s’agit de l’adjuvant, dont la composition n’est pas connue en raison du secret industriel.

Quel impact chez l’homme? Difficile de le dire. Mais ces résultats ne sont pas sans évoquer les épidémies d’insuffisance rénale observées chez les agriculteurs de plusieurs pays du Sud, aussi bien en Amérique latine qu’en Inde et au Sri Lanka. Suspectant un lien avec le produit, le président sri-lankais Maithripala Sirisena a annoncé  fin mai son interdiction d’importation et d’usage, une première au monde.

Une toxicité en présence de métaux lourds

Si le lien entre le glyphosate et ces épidémies n’est pas fermement établi, des experts soutiennent que le produit deviendrait néphrotoxique en présence d’eau dure (riche en calcium) et de métaux lourds tels que le cadmium et l’arsenic. D’autres chercheurs imputent le phénomène uniquement au climat de ces pays, et à des problèmes de déshydratation dans la profession.

En mars dernier, le glyphosate a été intégré au groupe 2A du Centre international de recherche sur le cancer (Circ, branche de l’Organisation mondiale de la santé), celui des agents «cancérogènes probables» pour l’homme. Or le produit est en cours de réévaluation au niveau européen, son autorisation de 10 ans expirant en fin d’année.

Le pays rapporteur est l’Allemagne, dont l’Institut fédéral d’évaluation des risques (BfR) planche actuellement sur le rapport du Circ. En partenariat avec la Ligue contre le cancer, l’association Foodwatch, d’origine allemande mais implantée en France depuis le printemps 2014, a lancé mercredi 26 août une pétition afin d’obtenir son interdiction définitive.

[1] Président du conseil scientifique de l’association Criigen, le chercheur caennais est l’auteur de plusieurs études sur les OGM et les pesticides, dont l’une, très médiatisée, a suggéré en septembre 2012 la toxicité du RoundUp et d’un maïs OGM lui résistant.



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