Le riz, une source majeure d’arsenic

Le 14 décembre 2011 par Romain Loury
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Le riz contribue fortement à l’exposition de la population américaine à l’arsenic, montre une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).
 
Si l’arsenic est un poison à forte dose, y être exposé à de faibles doses, de manière chronique, entraîne un risque plus silencieux: celui de cancers et de maladies cardiovasculaires. Cet effet s’exerce même à très long terme: il a été montré que les personnes exposées in utero présentaient un risque accru de cancer du poumon. Avant même l’âge adulte, l’arsenic diminuerait le poids de naissance et amoindrirait le système immunitaire, favorisant ainsi la mortalité infantile.
 
Ni les Etats-Unis ni l’Union européenne (UE) n’ont fixé de seuil de tolérance à la présence d’arsenic dans le riz [1]. Or il serait temps d’en adopter un, car cet aliment constitue bien une source importante de cet élément chimique, considère l’équipe de Margaret Karagas, de la Dartmouth Medical School de Hanover (New Hampshire).
 
Au cours de leur étude, qui a porté sur 229 femmes enceintes, les chercheurs ont établi une corrélation entre la consommation d’eau du robinet et de riz d’une part, l’excrétion urinaire d’arsenic d’autre part. Chez les femmes consommant du riz, la concentration urinaire médiane d’arsenic était plus élevée que chez celles n’en mangeant pas, de 5,27 microgrammes par litre (µg/l) contre 3,38 µg/l.
 
Chiffre préoccupant, il suffit de consommer 0,56 tasse de riz pour ingérer l’équivalent d’un litre d’eau se situant au seuil de contamination fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de 10 µg/l d’arsenic. Or «les Américains consomment plus de trois fois plus de riz de nos jours que dans les années 1930, avec une moyenne d’environ 0,5 tasse par jour», rappellent les auteurs.
 
«Cette étude démontre le potentiel [délétère] d’une exposition à l’arsenic par le riz, mais d’autres études doivent être menées avant que nous puissions conclure à un réel risque sanitaire avec cet aliment», commente Margaret Karagas, citée par un communiqué de la Dartmouth Medical School.
 
Dans son dernier avis publié sur le sujet, en novembre 2009, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) évoquait d’autres sources alimentaires d’arsenic, comme les céréales, les algues, l’eau en bouteilles, le café, la bière, le poisson et les légumes. C’est dans le cadre de ce travail que l’Efsa avait retiré sa dose hebdomadaire tolérable (15 µg/kg de poids corporel), du fait que des effets toxiques, notamment cancéreux, surviennent en dessous.
 
[1] La Chine a quant à elle fixé un tel seuil, fixé à 0,15 microgramme d’arsenic inorganique par gramme de riz. L’arsenic peut se retrouver sous des formes jugées moins toxiques que celle dite inorganique, tout en étant cancérigènes, comme l’acide monométhylarsonique (MMA) et l’acide diméthylarsinique (DMA).


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