Le riz, une autre source de contamination au mercure

Le 02 septembre 2010 par Sabine Casalonga
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Dans certaines régions de la Chine, c’est le riz, plutôt que le poisson, qui est la principale source de contamination au mercure, révèle une étude publiée dans la revue Environmental Health Perspectives[1].

La consommation de poissons est considérée comme la principale source d’exposition au mercure dans le monde. Pourtant, dans le centre de la Chine, les populations mangent peu de poissons mais se nourrissent de produits agricoles locaux (dont le riz) cultivés sur des terres polluées au mercure.  La région de Guizhou, connue comme la « capitale chinoise du mercure », possède 80% des réserves de mercure de la Chine et est une des zones d’exploitation de ce minerai les plus vastes au monde. 

L’équipe de Hua Zhang de l’Institut de géochimie de Guiyang (Chine) a analysé les concentrations de méthylmercure (MeHg), une des formes les plus toxiques de mercure organique, et la plus répandue dans l’environnement, dans des échantillons d’eau, d’air et de produits agricoles de la province de Guizhou.

Quatre zones ont été étudiées  trois sites sévèrement pollués par des mines et des fonderies de mercure (Wanshan), d’anciennes fonderies de zinc artisanales (Weining) ou des centrales au charbon (Qingzhen), ainsi qu’une zone « contrôle » exempte de source directe de contamination, dans un village au cœur d’une réserve naturelle (Leigong).

Les chercheurs ont montré que la « dose quotidienne probable ingérée » de méthylmercure par un adulte était considérablement plus élevée à Wanshan que dans les trois autres zones. Près de 34% des habitants de Wanshan excédaient la dose référence de 0,1 microgramme de MeHg par kilogramme de poids par jour (µg/kg/jour) établie par l’Agence de protection de l’environnement américaine (EPA).

Le mercure peut être mortel à des doses élevées. A doses faibles, il affecte le système nerveux et est suspecté d’effets néfastes sur les systèmes cardiovasculaires, immunitaires et reproducteurs (malformations chez l’enfant notamment).

Les doses probables ingérées des habitants des autres zones étaient toutes inférieures à la dose de référence. Dans les quatre zones, la consommation de riz était à l’origine de 94 à 96% de la dose journalière probable de mercure ingérée contre seulement 1 à 2% pour le poisson, ce qui est très inférieur au taux rencontré en Amérique du Nord, en Europe et au Japon.

En conclusion, si le riz apparaît comme la principale source d’exposition au mercure dans cette province de la Chine, la plupart des habitants (à l’exception de ceux vivant à proximité des mines de mercure) encourent un risque faible, indiquent les auteurs. Les seuils de référence pour la toxicité,calculés à partir du risque lié à la consommation de poisson, nécessiteront d’être réévalués  et validés pour le risque lié à la  consommation de riz.

Des recherches supplémentaires mériteraient d’être conduites dans d’autres régions rizicoles de l’Asie également polluées au mercure.



[1] “In Inland China, Rice, Rather than Fish, Is the Major Pathway for Methylmercury Exposure”, Zhang et al, Environmental Health Perspectives (Septembre 2010)

 



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