Le risque des agents infectieux en entreprise

Le 12 juin 2006 par Christine Sévillano
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Les agents infectieux constituent pour les salariés une menace qui n’est pas suffisamment prise en compte par les entreprises. Pourtant, le risque est important dans certaines activités comme le traitement des déchets, les stations d’épuration ou les métiers liés à la climatisation.

Les agents biologiques sont des organismes microscopiques comme les champignons ou les prions, qui prolifèrent dans certains environnements favorables (déchets, eaux) contenant des matières organiques. C'est peut-être parce qu'ils ne se voient pas, contrairement à des risques types chute dans les chantiers, que les entreprises ont une évaluation insuffisante de ce risque. Pourtant certains agents infectieux peuvent être mortels à l'instar de la légionellose ou des hépatites B et C.

L'Union européenne a classifié ces agents en 4 groupes notés de 1 à 4, le premier réunissant des agents sans pathogénéité particulière et le dernier se focalisant sur les plus dangereux pour lesquels il n'existe ni traitement ni vaccin. En France, l'arrêté du 18 juillet 1994, revu en 1997 et 1998, revient sur la liste de ces agents qui posent un problème, et en dénombre plus de 250.

Les agents biologiques prolifèrent plus particulièrement dans certaines activités professionnelles comme le traitement des déchets. «Dans les bouteilles plastiques, où il reste un fond de lait ou de jus d'orange, les agents se nourrissent de la moisissure», explique Isabelle Balty, ingénieure spécialisée dans la prévention des risques biologiques à l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS). De même, sont concernés tous les métiers de l'assainissement et notamment ceux exercés dans les stations d'épuration, du refroidissement de l'eau (développement des légionelles); ou encore les métiers de l'action sociale ou de la santé dont les salariés sont en contact avec les différents agents infectieux développés par les patients. Les activités agricoles peuvent aussi être touchées et de manière générale, toutes les activités en rapport avec la terre puisqu'elle contient des germes. Enfin, sont concernées toutes les professions où les salariés sont au contact des animaux.

Selon l'enquête Sumer, menée en 2003 par le ministère en charge du travail, 15% des salariés sont exposés à des agents biologiques, la majorité d'entre eux travaillant dans le secteur de la santé et l'action sociale. Mais les experts sont convaincus que ce chiffre est sous-estimé, les médecins et les salariés de la recherche publique particulièrement exposés, n'ayant pas été interrogés dans l'enquête Summer. Autre biais: les malades qui consultent leur médecin généraliste sans soupçonner une origine professionnelle. «Une infection de ce type ressemble à toute autre maladie avec de la fièvre ou de la toux. Les chiffres concernant l'ornithose, due à des agents infectieux transmis par des oiseaux, sont sous-estimés. Les oiseaux infectés peuvent ne pas montrer de symptômes, et la transmission se faire par inhalation des poussières de fiente», poursuit Isabelle Balty. Elle évoque aussi l'ensemble des lieux fréquentés par des animaux comme les rats: ils peuvent laisser derrière leur passage des urines avec la leptospirosa, bactérie qui passe à travers la peau et entraîne des troubles du foie.

La plupart des agents se transmettent à l'homme par le sang, le contact direct, ou par l'air. «Il ne faut pas hésiter à parler de sa profession, le médecin peut mieux identifier la source du mal et donc adapter le traitement», assure l'ingénieure. Mais la meilleure mesure de prévention est la réduction du risque à la source. Pour les légionelles, la solution passe donc par des moyens de lutte contre leur prolifération : traitements biocides des circuits d'eau, limitation du développement de la rouille ou filtration de l'air. Dans le cas des centres de tri, il faut diminuer autant que possible le temps de traitement des déchets et installer une ventilation efficace dans les cabines. «L'essentiel est d'avoir conscience des risques afin de mettre en place les solutions adaptées et de communiquer auprès des salariés», conclut Isabelle Balty.




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