Le risque auditif au travail

Le 23 février 2005 par Christine Sévillano
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bruit travail
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Les entreprises vont devoir revoir les niveaux de bruit auxquels sont exposés leurs employés comme le demande une directive européenne qui devrait renforcer les valeurs limites d'exposition au bruit. Les atteintes auditives constituent la troisième maladie professionnelle la plus fréquente.

A l'occasion de la présentation de la 10e Journée nationale de l'audition, qui aura lieu le 10 mars, l'association créatrice de cet événement, JNA, a évoqué le risque auditif en milieu professionnel. Ce risque est surtout constaté dans la métallurgie et la transformation des métaux, le bâtiment et les travaux publics, la construction automobile, navale, aéronautique et ferroviaire, les équipements mécaniques, les produits minéraux, le textile, le verre, l'édition et l'imprimerie, l'agriculture ou la restauration. Près de cinq millions de personnes se plaignent du bruit sur leur lieu de travail, selon Daniel Duminger, président de la Fédération française de santé au travail (FFST). Plus de trois millions d'entre eux sont exposés à un niveau d'au moins 85 décibels (dB), soit le seuil réglementaire maximal.

Les effets sanitaires dus à une exposition au bruit sont divers. Le premier stade, réversible, correspond à une fatigue auditive après quelques heures d'exposition, qui se traduit par une baisse temporaire d'audition accompagnée d'une sensation d'oreilles bouchées ou d'acouphènes –sifflements-. La surdité d'origine professionnelle se caractérise par un déficit d'hertz qui s'aggrave progressivement. Les atteintes sont fonction de la fragilité de la personne: facteurs infectieux, prises de drogues ou de médicaments, traumatismes ou causes héréditaires. Ainsi, pour la même exposition au bruit, certains salariés présentent des lésions plus sévères que d'autres. Le bruit peut également causer des troubles diffus: stress, difficultés de concentration, réduction de la vigilance, perte d'efficacité, troubles de la mémoire et du sommeil, dégradation de la vision nocturne, hypertension artérielle, accélération de la fréquence cardiaque et respiratoire ou encore ralentissement du transit intestinal. Autant de perturbations qui peuvent favoriser les accidents du travail.

Le Code du travail (1) fixe un seuil d'alerte à 85 dB et une limite de danger à 90 dB. Ces deux cotes doivent être abaissées de 5 dB avant le 15 février 2006 avec la transposition de la directive européenne (2). Cette nouvelle réglementation doit également instituer une valeur limite d'exposition quotidienne de 87 dB à ne jamais dépasser grâce à l'atténuation obtenue par les protections auditives individuelles. L'employeur est tenu de réduire le bruit à la source dès la phase de conception des machines si c'est possible techniquement, mais il peut également ajouter des silencieux, équiper le local en revêtements absorbants et en écrans acoustiques ou installer des cabines insonorisées. La protection des travailleurs passe aussi par l'établissement d'une cartographie du bruit dans l'entreprise, afin de repérer les zones à risques et l'identification des salariés situés dans des zones où le bruit atteint au moins 85 dB. L'employeur est aussi tenu d'informer les travailleurs sur les risques et mettre à leur disposition des protections individuelles comme des casques anti-bruits ou des bouchons d'oreille.

Les atteintes auditives constituent la troisième maladie professionnelle la plus fréquente, après les troubles musculo-squelettiques et les maladies professionnelles dues à l'amiante. Chaque année, environ 600 surdités d'origine professionnelle sont déclarées avec un coût unitaire moyen de 100.000 euros. Le bruit doit être le thème prioritaire de l'Agence européenne pour la sécurité et la santé des travailleurs en 2005.





(1) Décret du 21 avril 1988 sur la protection des travailleurs contre le bruit

(2) Directive 2003/10/CE du 6 février 2003




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