Le retour de la terre noire

Le 13 août 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Depuis des siècles, les Indiens d’Amazonie enterrent de la poudre de charbon de bois pour fertiliser les sols, pauvres, de la région. Cette terre noire, terra preta en brésilien, n’a pas que des vertus agronomiques. Car le charbon de bois a aussi la capacité de stocker du CO 2.

Comment cela ? Pour fabriquer du charbon de bois, on décompose par la chaleur de la matière organique (bois, canne à sucre, céréales). Pour être efficace, l’opération ne doit pas produire de flamme. Intérêt climatique de l’opération, la moitié du dioxyde de carbone relâché lors de la production d’énergie est finalement stockée dans le charbon. Et n’en bougera pas avant des siècles. Autre intérêt : une fois enfoui, il capte le protoxyde d’azote et le méthane des sols, deux puissants gaz à effet de serre (GES).

Enterrer la poudre de charbon dans les sols trop pauvres à cultiver peut donc tout à la fois contribuer à étendre la superficie des terres arables et éponger une partie du gaz carbonique indésirable. Publiées jeudi 12 août, deux études font état des capacités carboniques de cette solution.

Commanditée par le ministère britannique de l’alimentation, de l’environnement et des affaires rurales (Defra, selon l’acronyme britannique), la première est le fruit des travaux d’une équipe de l’université d’Edimbourg (Ecosse). Elle estime que l’utilisation du « biocar » pourrait permettre au Royaume d’abattre, à l’horizon 2020, son bilan carbone de 1 à 6 million de tonnes de carbone par an, soit 3,67 à 22 millions de tonnes équivalent CO 2. Publiée dans Nature, une autre étude, coordonnée par l’Américain James Amonette (Pacific Northwest National Laboratory), a une vision plus globale. Elle estime en effet que l’enterrement du charbon de biomasse pourrait réduire de 1,8 milliard de tonnes équivalent CO 2 par an les rejets anthropiques de GES : l’équivalent des émissions 2009 de l’industrie lourde européenne.

 

http://randd.defra.gov.uk/Document.aspx?Document=SP0576_9141_FRP.pdf

http://www.nature.com/ncomms/journal/v1/n5/full/ncomms1053.html

 



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