Le Réseau sortir du nucléaire met en cause la sûreté de l’EPR

Le 08 mars 2010 par Valéry Laramée de Tanenberg
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Il est des coïncidences troublantes. Vendredi, deux jours avant l’ouverture d’un important colloque international à Paris sur l’énergie nucléaire, le Réseau sortir du nucléaire (RSN) a gravement mis en cause la sûreté du réacteur EPR, en cours de construction à Flamanville (Manche).

Sur son site, l’organisation anti-nucléaire met en ligne 8 documents semblant montrer un grave défaut de conception du réacteur vedette d’Areva. Selon l’interprétation faite par RSN, le mode de pilotage du réacteur et la disposition des grappes de contrôle (le frein et l’accélérateur du réacteur) «peuvent provoquer un accident d’éjection des grappes de commande à faible puissance et entraîner la rupture de l’enveloppe du mécanisme de commande de la grappe.» En clair, dans certaines circonstances accidentelles, le frein de Flamanville 3 pourrait être désactivé, ce qui pourrait entraîner un possible emballement du réacteur.

La version d’EDF est moins alarmante. «Il s’agit de documents de travail rédigés durant la phase de conception du réacteur», explique-t-on chez l’électricien. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) est plus précis : «Durant la phase de conception et de réalisation d’un réacteur, on se pose toutes les questions possibles et imaginables afférentes à la sûreté et l’exploitation. C’est quelque chose de classique », rappelle Sylvie Cadet-Mercier. «Les documents publiés ne sont que les résultats préliminaires d’études qui ont déjà plusieurs années. Depuis, le système de grappe a été modifié, le combustible et sa gestion ont changé», précise la chef du service d'évaluation de la thermohydraulique, de la conduite, des cœurs et des combustibles de l’IRSN. L’appréciation finale sera de toute façon laissée à l’Autorité de sûreté nucléaire qui devrait recevoir le dossier de demande d’exploitation de Flamanville 3 d’ici à la fin de l’année.

Si personne au sein de l’IRSN et d’EDF ne se prononce sur l’authenticité des documents (6 sont des documents internes à EDF de 2004 et de 2007 et deux ne sont pas identifiables), leur publication intervient en pleine campagne de déstabilisation d’Anne Lauvergeon. Jugée responsable, par ses détracteurs, du fiasco des Emirats Arabes Unis, la présidente du directoire d’Areva se voit désormais accusée de mettre sur le marché des réacteurs dangereux. La ficelle n’est-elle pas un peu grosse?


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