Le réseau Intercités déraille

Le 26 mai 2015 par Aude Massiot
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Train en gare de Lille-Flandres
Train en gare de Lille-Flandres
Alfenaar

Philippe Duron, député PS du Calvados, a rendu le 26 mai un rapport très attendu sur l’état du réseau Intercités de la SNCF. Ce rapport préconise la fermeture de plusieurs lignes jugées obsolètes, et leur remplacement par des lignes d’autobus.

 

 

Le rapport rendu par Philippe Duron au secrétaire d’Etat chargé des transports, Alain Vidalies, a éveillé la colère des professionnels du rail et des écologistes. Fruit de la commission sur l’avenir des trains d’équilibre du territoire (TET), il prône une transformation rapide et radicale du réseau Intercités, lequel affiche une perte annuelle de 400 millions d’euros.

 

Un réseau délaissé

 

Cette commission d’experts et d’élus a été formée en novembre dernier, à quelques jours de l’échéance de la convention relative à l’exploitation des TET, signée entre l’Etat et la SNCF. Le gouvernement reconnaît alors que le service ne répond pas aux attentes des voyageurs et la SNCF prévoit une suppression massive de lignes régionales.

 

Comptant actuellement 35 lignes et desservant 300 destinations, le réseau Intercités est, selon les auteurs du rapport, en mauvais état, et délaissé par les voyageurs. Les lignes où il existe déjà des dessertes TGV ou TER devraient être supprimées ou remplacées par des lignes de bus.

 

Un non-sens écologique

 

Cette proposition s’appuie sur la récente libéralisation du transport collectif routier, entérinée par la loi Macron. Elle a soulevé de nombreuses réactions de la part des écologistes. «Dire que les liaisons bus sont opportunes pour se substituer [au train] est un non-sens écologique et une régression prè-XXe siècle», affirme la députée Europe Ecologie-les Verts Cécile Duflot. Une position soutenue par le réseau Action Climat. Du côté des professionnels du rail, on craint la concurrence des compagnies à bas coûts.

 

Par ailleurs, 5 tronçons de lignes ferroviaires de jour et la majorité des lignes de nuit devraient disparaître.

 

Un renforcement d’une partie du réseau

 

Mais le rapport ne prône pas la fin des Intercités. Au contraire, il encourage un renforcement des «lignes dont le résultat économique est aujourd’hui en-deçà de leur potentiel réel», comme celles de Paris-Clermont-Ferrand, Nantes-Lyon ou Bordeaux-Marseille.

 

Les auteurs rejettent donc les suppressions massives proposées par la SNCF. Ils remettent d’ailleurs en question la productivité de l’entreprise et demandent l’ouverture à la concurrence, en délégation de service public, de certaines lignes de nuit, puis si cela fonctionne, de lignes de jour.

 

Avec ces propositions, la commission compte ramener le déficit annuel du réseau Intercités à 350 M€ entre 2017 et 2019, et à 270 M€ à partir de 2023.

 

 



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