Le recyclage, pilier de l’économie verte

Le 06 décembre 2011 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le nombre d'emplois progresse fortement
Le nombre d'emplois progresse fortement

Le recyclage a plus d’une corde à son arc. Non content de réduire l’utilisation des matières premières, l’enfouissement des déchets et les émissions de CO2, il booste l’innovation et l’emploi. C’est ce que détaille un rapport publié le 5 décembre par l’Agence européenne de l’environnement (AEE), qui appelle l’Union européenne à se doter d’une stratégie globale de gestion des matières premières.

En proposant un nouvel équilibre entre les objectifs économiques, l’équité sociale et la préservation de l’environnement, le recyclage s’avère bien placé pour participer à l’économie verte (1).

 
Sur le plan économique, le chiffre d’affaires enregistré par les 7 principales filières de matières recyclables (2) a progressé de 100% entre 2004 et 2008 pour atteindre environ 60 milliards d’euros en Europe selon le rapport. C’est la croissance la plus forte des secteurs de l’éco-industrie, devant le traitement des déchets et des eaux usées, exception faite des énergies renouvelables dont l’activité a bondi de 37% par an sur la même période. Le secteur du recyclage n’a pas été épargné par la crise financière de 2008, mais son chiffre d’affaires communautaire a tout de même atteint 37,2 Md€ l’année suivante.
 
Ce décollage est dû à la hausse de la demande en matériaux provenant des pays asiatiques émergents, mais aussi à la mise sur le marché en Europe de volumes croissants (+15% entre 2004 et 2009 pour les 7 catégories principales de recyclables), encouragée par les directives européennes successives (déchets d’équipements électriques et électroniques ou DEEE, emballages, etc.).
 
L’emploi dans le secteur du recyclage a suivi cette tendance, en augmentant de 45% entre 2000 et 2007 (en moyenne 611 personnes par million d’habitants en 2007). Le nombre d’emplois du secteur progresse de 11% par an. Une sacrée performance, même si elle se situe derrière celle affichée par l’énergie verte: +17% par an.
 
Au niveau environnemental, cette activité a permis de réduire la demande en ressources de plusieurs industries, comme le papier, le carton, le fer ou l’acier, ce qui a allégé la pression sur les écosystèmes. Le recyclage couvre déjà 41% de la consommation européenne de papier et de carton et 42% pour le fer et l’acier, mais seulement 14% pour le verre, 10% pour l’aluminium, 9% pour le cuivre, 8% pour le béton, 4% pour les DEEE et 2% pour le plastique…
 
Ce tableau enthousiaste doit toutefois être nuancé. Dans l’hypothèse, optimiste, d’un recyclage déployé au maximum en Europe, le secteur ne parviendra jamais à combler totalement la demande croissante de biens dans l’économie européenne, et en particulier de matériaux de construction, dont le recyclage ne paraît pas envisageable avant de nombreuses années.
 
Par ailleurs, le recyclage des métaux rares s’avère particulièrement stratégique dans le cadre du développement européen des nouvelles technologies (e-mobilité, nouvelles technologies de l’information et de la communication, énergies renouvelables). A ce titre, l’initiative européenne en faveur de l’éco-innovation a permis de dégager 200 M€ pour financer des projets –notamment de recyclage- entre 2008 et 2013. Un obstacle doit encore être surmonté: l’éparpillement des métaux rares en petites quantités dans de nombreux produits usagés –en particulier les DEEE– bloque leur réutilisation à grande échelle.
 
Selon le rapport, la stratégie à développer autour du recyclage se révèle trois fois gagnante: réduction de la pression sur l’environnement, création d’emplois et hausse des ressources disponibles.
 
Il revient aux acteurs économiques, chacun à leur niveau, de participer à ce développement: en choisissant des matériaux recyclables, en garantissant une bonne qualité de matières secondaires, en favorisant le recyclage lors de la conception des produits, en intégrant de plus en plus de métaux précieux recyclés, en réduisant au maximum l’enfouissement des déchets, et en développant les infrastructures de recyclage… Le rapport appelle en conclusion à la définition d’une stratégie durable de gestion des matières premières à l’échelle de l’UE.
 
(1) Le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) définit l’économie verte comme résultant de l’amélioration du bien-être et de l’équité sociale, et de la réduction des risques environnementaux et des pénuries écologiques.
(2) Il s’agit du verre, papier-carton, plastique, fer et acier, cuivre-aluminium-nickel, métaux précieux, autres métaux.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus