Le recyclage des effluents industriels

Le 19 décembre 2005 par Christine Sévillano
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Deux experts de Veolia ont présenté les avantages du recyclage des effluents industriels, lors du Salon Pollutec. En effet, face à une réglementation toujours plus sévère sur les prélèvements d'eaux et les rejets, certains industriels cherchent des solutions alternatives.

Partant du constat que la réglementation sur les prélèvements et les rejets industriels était toujours plus sévère, Renaud Sublet et Fabrice Tenneson de Veolia ont montré les bénéfices que peuvent tirer les industriels du recyclage de leurs effluents. «Que ce soit pour des usages de refroidissement, pour les vapeurs de chaudière, les eaux de process ou de nettoyage, nous pouvons recycler et réutiliser tous ces flux avec des économies importantes», assure Renaud Sublet. Les motivations des industriels pour sauter le pas ne sont pas seulement contenues dans la réglementation, certains doivent faire face à la raréfaction de l'eau et à l'augmentation de la production sans prélèvement supplémentaire dans le milieu naturel.

«Le schéma d'un site industriel peut être simple ou complexe avec plusieurs sources de prélèvements et de rejets. Il faut donc une méthodologie rigoureuse et nous utilisons la méthode water pinch comme outil d'aide à la décision face à des ressources complexes», poursuit Renaud Sublet. Tout d'abord, un schéma de l'usine doit permettre de se rapprocher au maximum de la réalité, alors qu'un schéma des procédés serait moins complet. Un bilan des matières et une définition des contraintes de qualité d'eau pour chaque utilisation sont également nécessaires pour envisager le traitement d'effluents industriels. Ensuite, il faut procéder à une phase d'essai pilote, puis à une analyse technico-économique avant la réalisation.

Et des réalisations, Veolia en compte quelques-unes à son actif avec des économies intéressantes. Ainsi le site Renault de Maubeuge, qui produit les Kangoo, a dû revoir la qualité de ses eaux pluviales en raison d'une réglementation. L'investissement initialement prévu était de 1,2 million pour les traiter. Après un diagnostic du site, Veolia a proposé une solution pour récupérer 160.000 mètres cubes (m3) par an utilisés pour le refroidissement de l'incinération des peintures ou encore le rinçage des véhicules. Démarré en 1999, le coût du projet a été de 2,56 millions d'euros. «Mais entre la subvention perçue par Renault - près d'un million d'euros dans le cadre du programme Life- et le coût d'exploitation de 60.000 euros par an, nous avions tablé sur un retour sur investissement d'environ deux ans et demi. Sans oublier les économies réalisées sur le prix d'achat de l'eau qui est à 1 euro le m3», assure Renaud Sublet. Toutefois, ces prévisions ont été revues à la baisse suite à des difficultés de purge dans les tours de refroidissement en 2002 et la sécheresse en 2003 donnant des quantités d'eau à traiter moins élevées que prévu.

Veolia est également intervenu dans une industrie papetière au Canada, qui connaissait des problèmes de prélèvement d'eau en raison des basses températures pendant 3 à 4 mois d'hiver qui font chuter la performance du traitement des eaux de rivière. La consommation énergétique pour le réchauffement de l'eau était élevée et la turbidité était de 20 à 30 NTU (Nephelometric Turbidity Unit) au lieu des 2 requis. Après l'installation d'équipements de recyclage, l'entreprise prélève 100% de ses besoins dans les eaux de la rivière en été et seulement 50% en hiver grâce à un système de pompes à vide. Elles ont permis de retrouver une moyenne de température de l'eau de 20° et donc de faire des économies sur l'eau et l'énergie. Le retour sur investissement aurait été atteint en un an. Autre exemple: un abattoir de porcs Socopa à Evron (Morbihan). L'entreprise devait initialement se désaccorder de la station d'épuration municipale afin de dépolluer ses effluents avant rejet dans le milieu naturel. Les équipements de recyclage des eaux usées servent désormais à alimenter le système de défense incendie et le nettoyage des camions ayant transporté les animaux, après abattage. «Nous sommes en train de construire une station d'épuration pour économiser 3.000 m3 par semaine, soit 10% d'économies. En outre, la digestion des boues produit du biogaz qui est valorisable en alimentant les chaudières. Nous dépassons donc le simple recyclage de l'eau», conclut Fabrice Tenneson.




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