Le réchauffement: une opportunité pour les laboratoires pharmaceutiques

Le 29 juillet 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Vecteur des virus de la dengue et du chikungunya, Aedes albopictus pourrait développer l'activité des laboratoires pharmaceutiques.
Vecteur des virus de la dengue et du chikungunya, Aedes albopictus pourrait développer l'activité des laboratoires pharmaceutiques.

Certains laboratoires pharmaceutiques pourraient bénéficier de l’expansion des maladies tropicales.

 

Tout le monde ne se plaint pas du réchauffement. Les producteurs de glaces, de boissons ou de modèles de prévisions météorologiques se frottent les mains après chaque épisode de sécheresse. Ils ne devraient pas être les seuls très longtemps.

Car, avec la remontée des gradients de température, les vecteurs des maladies tropicales voient s’accroître le nombre de régions hospitalières. Ce qui annonce une forte expansion de certaines maladies tropicales. Pronostic partagé par les CDC américains, l’organisation mondiale de la santé, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évaluation du climat et par Morgan Stanley.

Zika s’étend en France. Vecteur des virus de la dengue et du chikungunya, Aedes albopictus trouve la France métropolitaine à son goût, rappelle un récent numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Implanté en métropole depuis 2004, le moustique vecteur des virus de la dengue, du chikungunya et des infections à virus Zika est désormais implanté dans 42 départements.

 


La semaine passée, la banque d’affaires américaine a publié une note sur l’opportunité que représentaient certaines retombées sanitaires du réchauffement pour l’industrie … pharmaceutique.

400 millions d'Européens menacés

Dans son mémo, Matthew Harrison estime que de 380 à 730 millions de personnes pourraient être exposés aux maladies tropicales vectorielles (zika, chikungunya, dengue, fièvre jaune) d’ici à 2050. L’Europe devrait être le continent le plus exposés. L’analyste estimant que 400 millions d’Européens sont susceptibles d’être ainsi infectés au cours des 30 prochaines années.

170 milliards de $

Pour le plus grand bénéfice des producteurs de vaccins et de traitements. Pour tenter d’enrayer les épidémies annoncées, la banque de Manhattan estime qu’il faudra utiliser pour 50 à 100 milliards de dollars de vaccins. Des chiffres qui pourraient atteindre 170 milliards de dollars, pour le cas où la prophylaxie ne suffirait pas[1].

Les investisseurs n’ont plus qu’à faire leur sélection, au sein de la liste de laboratoires pharmaceutiques proposée par Morgan Stanley. Forts d’importante gamme de vaccins, Sanofi, GlaxoSmithKline apparaissent comme les grands gagnants de cette tropicalisation de la santé. Avec ses techniques de génie génétique, la start-up Moderna Therapeutics pourrait rapidement développer des traitements contre Zika et le chikungunya. Mauvaise pioche, en revanche pour Pfizer : le numéro un mondial du secteur n’a aucun vaccin contre des maladies tropicales en développement, indique Morgan Stanley.

 



[1] En 2017, le marché mondial du médicament a dépassé le seuil des 1.000 milliards de dollars de chiffre d’affaires.

 



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