Le réchauffement tue la Californie à grands feux

Le 13 novembre 2018 par Stéphanie Senet
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44 morts en Californie depuis le 8 novembre
44 morts en Californie depuis le 8 novembre

A l’origine de 42 morts le 12 novembre, l’incendie The Camp en Californie s’avère d’ores et déjà le plus meurtrier de l’histoire du Golden State depuis 85 ans. La faute à la hausse des températures.

Si les incendies sont récurrents en Californie, l’épisode actuel fait des ravages exceptionnels. Il est dû à trois feux de forêt: The Camp Fire au nord de l’Etat, qui a déjà fait 42 morts, dévasté 50.000 hectares et près de 7.000 bâtiments et quasiment rayé de la carte la ville de Paradise; l’incendie de Woolsey, plus au sud, ravageant la banlieue de Los Angeles et fait 2 morts; et Hill Fire au nord de Woolsey.

Accélération depuis 2000

The Camp Fire s’avère le plus meurtrier du Golden State depuis 85 ans. Il s’ajoute à la longue liste des incendies californiens, dont 15 des 20 les plus dévastateurs se sont produits depuis 2000, et en particulier en octobre 2003, octobre 2007, août 2013 et été 2015.

Un lien clair avec la hausse du mercure

La faute au réchauffement? Le doute ne semble plus permis alors que la hausse des incendies majeurs correspond aux températures record jamais atteintes en Californie. 10 des 15 années les plus chaudes ont en effet été observées depuis 2000, selon les relevés de température enregistrés par la NOAA .

Autre tendance: la superficie brûlée par les incendies a plus que doublé aux Etats-Unis depuis les années 1980 et 1990, selon les données de la NIFC . Elle s’est élevée à 4 millions d’hectares l’an dernier contre 1,8 Mha en 1990. Un bémol toutefois: le NIFC ne dispose pas de données fiables avant 1983, empêchant toute comparaison sur une période plus longue.

Dans un article publié en 2006 dans la revue Science, le professeur Anthony Westerling de l’université de Californie conclut que, «même si l’utilisation des sols et la quantité de végétation représentent des facteurs déterminants pour l’apparition d’incendies dans des massifs forestiers spécifiques, la hausse à grande échelle de la fréquence des incendies de forêt dans l’ouest des Etats-Unis résulte de leur sensibilité aux récents changements climatiques sur une large zone». Anthony Westerling a identifié un lien clair entre les changements de température, la durée et la saison des incendies ainsi que les surfaces brûlées au fil du temps.

Résilience mon amie

Et maintenant? Là encore, de nombreux scientifiques n’hésitent plus à répondre. «Nous devons nous adapter à ces nouvelles conditions pour ne pas aggraver les incendies, en recherchant une plus grande résilience des villes et des campagnes. Seules ces actions peuvent avoir un effet sur le feu, qui n’écoute pas nos discours et ne lit pas nos tweets», a écrit le professeur Stephen Pyne de la faculté des sciences de la vie d’Arizona.

Un incendie électrique? Jeudi 8 novembre, PG&E, l’un des électriciens californiens, a averti le régulateur qu’une de ses lignes à haute tension avait été coupée à la hauteur de Pulga Road (comté de Butte). C’est précisément à ce moment et à cet endroit que les pompiers californiens situent le démarrage du Camp Fire. S’il est impossible, pour le moment, d’établir la cause de l’incendie, les actionnaires n’ont pris aucun risque. Depuis le 9 novembre, l’action PG&E a dégringolé de 32% à la bourse de New York.


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