Le réchauffement, source d’opportunités pour l’assurance

Le 30 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Au Royaume-Uni, le montant moyen des dégâts climatiques a quintuplé en 20 ans.
Au Royaume-Uni, le montant moyen des dégâts climatiques a quintuplé en 20 ans.
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La Banque d’Angleterre sensibilise les milieux d’affaires d’outre-Manche aux risques et aux opportunités offerts par le réchauffement climatique.

En France, polémistes et chroniqueurs se sont écharpés sur la légitimité de François Villeroy de Galhau à être nommé gouverneur de la Banque de France. Pendant ce temps, sur l’autre rive de la Manche, le gouverneur de la Banque d’Angleterre poursuit son œuvre. Depuis des mois, Mark Carney sensibilise les entreprises de la finance aux conséquences environnementales, sociales et économiques du réchauffement climatique.

Des fossiles imbrûlables

Mardi 29 septembre, le grand argentier de la Reine était l’invité d’honneur du dîner annuel des Lloyd’s, le florissant marché britannique de l’assurance. Le gouverneur a rappelé à sa très riche assistance l’incompatibilité entre la stabilisation à 2°C du réchauffement climatique et l’exploitation continue des énergies fossiles. Si les estimations du Giec[1] sont exactes, rappelle-t-il, cela signifie qu’une grande partie des réserves de pétrole, de gaz et de charbon «seront littéralement imbrûlables».

Or, nombre d’entreprises cotées à Londres font de l’extraction ou du commerce de ces énergies fossiles leur gagne-pain quotidien: «19% des entreprises composant le FTSE 100 [indice] sont dans l’exploitation des ressources naturelles et 11% sont des énergéticiens, des chimistes, des entreprises de construction ou des industriels», recense-t-il.

Trois types de risques

Le premier gouverneur de la Banque d’Angleterre non anglais[2] n’a pas indiqué quelles mesures il préconisait. Tout juste a-t-il évoqué l’intérêt d’une meilleure information des actionnaires sur le risque carbone des entreprises. Un sujet sur lequel le conseil de la stabilité financière (l’assemblée des grandes banques centrales) travaille d’arrache-pied. Un rapport devrait être présenté lors des prochaines réunions des ministres des finances du G20, dans quelques semaines.

Au moment où l’ancien banquier de Goldman Sachs achevait son discours, l’autorité de régulation prudentielle de la Banque d’Angleterre (PRA) publiait une étude sur l’impact des changements climatiques sur le secteur britannique de l’assurance. Précis, le rapport rappelle que le réchauffement fait peser trois types de risques pour cette industrie: physiques (dommages, mortalité, morbidité[3]), de transition (chute de la valeur des actifs fortement carbonés[4]), de responsabilité.

source d'opportunités

Encore peu perceptibles, ces derniers n’en sont pas moins problématiques. «Les assureurs pourraient subir des pertes liées à un surcroît de poursuites contre les représentants de sociétés qui n'agiraient pas pour atténuer le changement climatique, n’informeraient pas sur leur impact environnemental ou ne respecteraient pas les réglementations», résume le document.

Pour autant, assureurs et réassureurs restent désespérément optimistes. Sans minorer les risques, la PRA estime que le réchauffement ouvre aussi des opportunités pour le secteur de l’assurance, avec le développement de nouveaux secteurs à assurer (énergies renouvelables) ou de nouveaux types d’investissements, à l’instar des obligations vertes.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

[2] Mark Carney est de nationalité canadienne.

[3] Au seul Royaume-Uni, le montant moyen des dommages imputables aux événements climatiques extrêmes a quintuplé entre les années 1980 et les années 2000.

[4] 7% des actifs détenus par les Lloyd’s sont liés aux énergies fossiles.

 



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