Le réchauffement s’accélère

Le 19 janvier 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Evolution des températures entre la période 1981/2010 et 2017.
Evolution des températures entre la période 1981/2010 et 2017.
Copernicus

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) s’alarme de la multiplication des années les plus chaudes avec leur cortège d’événements climatiques extrêmes.

 

Que retenir du dernier communiqué de l’OMM? Que 2015, 2016 et 2017 sont les années «les plus chaudes jamais enregistrées»? Que 2017 décroche le record de l'année sans Niño la plus chaude jamais constatée? –ce dernier phénomène étant connu pour pousser à la hausse la moyenne mondiale des températures. Ou que 17 des 18 années les plus chaudes appartiennent au XXIe siècle et que le rythme du réchauffement constaté ces trois dernières années est exceptionnel? Sans doute un peu de tout ça.

Examiner le long terme

En gardant à l’esprit, comme l’a justement signalé Petteri Taalas, secrétaire général de l’OMM, que l’important n’est pas tant les records de températures (parfois conjoncturels) que les tendances de fond: «il est bien plus important d'examiner l'évolution à long terme de la température, qui accuse une tendance à la hausse, que d'opérer un classement entre les différentes années.»

1,5°C ou 4,5°C ? Dans une étude publiée dans Nature, trois climatologues britanniques nous donnent un peu d’espoir. Peter Cox (université d’Exeter) et ses collègues ont réévalué la sensibilité climatique: le niveau de réchauffement auquel on peut s’attendre dès que la concentration de CO2 aura doublé par rapport à la teneur mesurée au XVIIIe siècle. Dans son 5e rapport, le Giec[1] brandit une fourchette large: entre 1,5°C et 4,5°C. Pour les trois chercheurs, le réchauffement auquel on peut s’attendre avec 560 ppm de CO2 tournerait plutôt entre 2,2°C et 3,4°C.

Et la tendance à la hausse tend à s’accélérer. En conjuguant les données des services météorologiques américains, britanniques, japonais et européens, l’OMM estime que la température moyenne globale mesurée en 2017 a dépassé d'environ 0,46°C la norme (14,3°C) calculée pour les années 1981 à 2010.

Coup de chaud au Spitzberg

Longyearbyen, sur l’île norvégienne du Spitzberg, l’une des villes les plus septentrionales du monde, a connu à plusieurs reprises des températures moyennes mensuelles de plus de 6°C au-dessus de la moyenne de référence de 1981–2010.

catastrophes météorologiques

Cela étant, a rappelé Petteri Taalas, l’élévation des températures n’est qu’une des conséquences du changement climatique: «La chaleur de 2017 s'est accompagnée de conditions météorologiques extrêmes un peu partout dans le monde. C'est l'année la plus coûteuse qu'aient connue les Etats-Unis d'Amérique en termes de catastrophes météorologiques et climatiques, tandis que dans d'autres pays, les cyclones tropicaux, les sécheresses et les inondations ont entraîné un ralentissement, voire une régression économique.»

Le seuil des 2°C

Une question se pose: à ce rythme, à quelle échéance le seuil des 2°C sera-t-il franchi? «Avec la tendance actuelle du réchauffement, on peut déjà prévoir que d'ici 2060 ou 2070, on pourrait atteindre ce seuil», répond Omar Baddour, chef de la division du programme des données climatologiques de l’OMM.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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