Le réchauffement risque d’engloutir 1.500 milliards dans les océans

Le 21 mars 2012 par Stéphanie Senet
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Le SEI étudie deux scénarios climatiques
Le SEI étudie deux scénarios climatiques

Le réchauffement climatique risque de coûter cher aux océans: jusqu’à 2.000 milliards de dollars par an (1.500 milliards d’euros), d’ici 2100, si rien n’est fait pour enrayer le phénomène. Telle est la conclusion d’une étude du Stockholm Environment Institute (SEI), dont le résumé a été publié ce 21 mars. Alors que la prochaine conférence internationale des Nations unies sur le développement durable, Rio+20, avance à grands pas, les experts veulent replacer les océans au cœur des objectifs.

Les chercheurs se sont focalisés sur les pertes enregistrées dans 5 domaines: la pêche, l’élévation du niveau de la mer, le tourisme, les tempêtes et les puits de carbone océaniques. Ils ont pris en compte deux échéances: 2050 et 2100.

Deux scénarios de réchauffement ont été retenus. Le premier considère que le niveau des émissions de gaz à effet de serre (GES) va rester élevé, conduisant à une hausse moyenne des températures de 4 degrés d’ici 2100. Dans ce cas, la dégradation des océans avoisinera les 2.000 Md$ (1.500 Md€) par an, soit 0,37% du futur PIB mondial. La pêche afficherait des pertes mondiales à hauteur de 343 Md$ (260 Md€), tandis que le tourisme serait affecté de 639 Md$ (480 Md€).

Selon le second scénario, les émissions de GES seront réduites dans 90 ans, ce qui permettra de contenir la hausse de la température du globe à 2,2 degrés. Dans cette hypothèse, les dommages causés aux océans seraient trois fois moindres: 612 Md$ par an (460 Md€). La pêche accuserait une perte de 262 Md$ (200 Md€), le tourisme de 301 Md$ (230 Md€).

 «Ces chiffres ne sont que la partie émergée de l’iceberg, mais ils donnent une indication du coût que l’on peut éviter en matière de dégâts environnementaux dans les océans», affirme Franck Ackerman, directeur du groupe de recherche sur l’économie du climat du SEI. Il ajoute que «le coût de l’inaction augmente considérablement avec le temps. Ce facteur doit absolument être reconnu dans la prise en compte du changement climatique».

L’équipe d’experts multidisciplinaires coordonnée par le SEI a identifié plusieurs dégradations. Les océans vont connaître une acidification accrue en raison de la hausse des niveaux de CO2 dans l’atmosphère. Leur capacité à absorber ce gaz sera alors réduite. L’intensité des cyclones va également augmenter, provoquant la migration de nombreuses espèces halieutiques vers des contrées plus fraîches. Les zones mortes, notamment pour cause d’afflux d’engrais azotés, vont se multiplier. Le niveau de la mer va encore s’élever, menaçant les petits Etats insulaires et les mégapoles côtières. Sans oublier la pollution marine, qui met en danger la biodiversité et les ressources halieutiques.

Pour inverser la tendance, les experts demandent aux décideurs politiques de prendre des mesures urgentes, comme la protection des zones marines (2% seulement des océans le sont aujourd’hui selon la Banque mondiale), ce qui permettra de limiter l’effet des événements climatiques extrêmes, sur les coraux notamment.

 



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