Le réchauffement raréfie les garçons

Le 03 octobre 2014 par Romain Loury
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Quand la canicule féminise le Japon
Quand la canicule féminise le Japon
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Dans plusieurs pays du monde, on observe depuis quelques décennies une légère baisse du nombre de garçons à la naissance. Si le phénomène découle de nombreuses causes, le réchauffement climatique pourrait y participer, révèle une étude japonaise publiée dans Fertility and Sterility.

En moyenne, ce sont 51,5 garçons qui naissent pour 48,5 filles. Or ce sex-ratio connaîtrait depuis les années 1970 une très légère baisse dans plusieurs pays. Le sujet demeure difficile à étudier, les variations étant somme toute très minimes: au Danemark, le sex-ratio est ainsi passé de 51,5% à 51,3% entre 1950 et 1994.

Parmi les causes souvent évoquées, le stress maternel: les fœtus masculins, plus fragiles, étant plus affectés par les fausses-couches, on observe souvent une chute du sex-ratio à l’issue d’une guerre. La pollution chimique, en particulier par les perturbateurs endocriniens, pourrait aussi y participer. Suite à l’explosion de l’usine chimique de Seveso (Italie) en 1976, seuls 26 des 74 enfants nés entre 1977 et 1984 chez les couples les plus exposés étaient des garçons.

Or le réchauffement climatique pourrait aussi affecter le sex-ratio, comme le suggère l’étude publiée par Misao Fukuda, du M&K Health Institute à Ako (Japon), et ses collègues. Il fait dire que le pays, en matière de dérèglement climatique, est en première ligne: ces 100 dernières années, le mercure s’y est élevé de 1,15°C, contre 0,69°C en moyenne au niveau mondial.

Les garçons, autres victimes des canicules

Reprenant l’ensemble des données démographiques entre 1968 et 2012, les chercheurs confirment une baisse inexorable du sex-ratio au Japon: de 1,07  garçon par fille en 1968, il est passé à 1,05 garçon par fille en 2012. Dans le détail des années, ce chiffre est significativement plus faible lorsqu’elles sont plus chaudes que la moyenne.

Et c’est bien au stade fœtal que tout se joue: parmi les fausses couches, on compte 1,509 garçon pour 1 fille les années plus fraîches, mais 1,804 garçon par fille lors des années chaudes.

Outre la température moyenne, les événements climatiques exceptionnels entraînent des chutes momentanés du sex-ratio: neuf mois après la canicule qui a touché le Japon à l’été 2010, le plus chaud depuis 1898, cet indice a connu un minimum historique, à 0,98 garçon par fille. Le même phénomène a été observé suite à l’hiver glacial qui a suivi.

Selon les chercheurs, «ces résultats suggèrent que les récentes fluctuations de température qu’a connues le Japon sont liées à un sex-ratio plus faible à la naissance, qui semble en partie lié à une hausse de morts fœtales chez les garçons».

Cet été, le Japon a de nouveau été victime de la canicule, qui a connu un pic fin juillet. Depuis fin mai, une cinquantaine de personnes, pour la plupart âgées, en sont décédées, et plus de 40.000 ont dû être hospitalisées.

[1] Galanterie oblige, le sex-ratio s’exprime soit en nombres de garçon pour 100 naissances, soit en nombres de garçons pour une fille.



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