Le réchauffement perturbe les avions

Le 16 juillet 2015 par Romain Loury
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+1,5% de CO2 rejeté
+1,5% de CO2 rejeté

En modifiant les vents d’altitude, le réchauffement climatique altère le temps de vol des avions de ligne. Résultat: celui-ci se serait globalement allongé ces dernières années, accroissant la consommation de kérosène… et amplifiant ainsi les rejets de CO2, révèle une étude américaine publiée dans la revue Nature Climate Change.

C’est au terme d’un vol de retour d’Hawaï qu’Hannah Barkley, océanographe au Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Cambridge, a levé le lièvre: ce trajet, qu’elle avait déjà effectué de nombreuses fois, lui semblait étonnamment court. Avec ses collègues de la Woods Hole Oceanographic Institution (Massachusetts), la chercheure a tenté de savoir s’il s’agissait d’un phénomène ponctuel ou d’une réelle tendance.

Reprenant l’ensemble des données de vol de 1995 à 2013 entre trois aéroports de la côte Ouest des Etats-Unis (Los Angeles, San Francisco, Seattle) et Honolulu, capitale d’Hawaï, les chercheurs montrent une évolution très sensible, qu’ils imputent au réchauffement climatique.

10 millions de tonnes de CO2 par an

Le vent d’altitude, qui souffle d’ouest en est, s’étant nettement renforcé en 20 ans, un vol vers Hawaï prend en moyenne 11 minutes de plus qu’en 1995, un vol vers la côte Ouest 10 minutes de moins. Soit une minute de plus par aller-retour, ce qui, multiplié par les 102.000 vols commerciaux sillonnant la planète chaque jour, pourrait commencer à chiffrer.

Selon l’extrapolation mondiale menée par les chercheurs, cela équivaut à un surplus d’environ 300.000 heures de vol par an. Soit 3,8 milliards de litres de kérosène, pour un surcoût de 3 milliards de dollars (2,7 Md€) et 10 millions de tonnes de CO2 en plus.

A trafic équivalent, cela reviendrait donc à une hausse de 1,5% des rejets de CO2 liés à l’aviation, ou de 0,03% de la totalité du CO2 d’origine anthropique. Certes assez faible, cette part pourrait augmenter. Pour les chercheurs, il y a derrière ces surplus une source d’économie pour les compagnies aériennes, bien plus attentives aux variations climatiques au jour le jour qu’aux cycles plus longs.



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