Le réchauffement nous promet de plus petits poissons

Le 01 octobre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les grosses proies devraient s'en tirer à bon compte.
Les grosses proies devraient s'en tirer à bon compte.

En diminuant la quantité d’oxygène dissous dans l’eau de mer, le changement climatique va, indirectement, contribuer à diminuer la taille des poissons, révèle une étude parue dans Nature Climate Change.

Il ne fait décidément pas bon être un poisson. Après la surpêche, les pollutions diverses et variées, l’acidification des océans, voilà qu’un nouveau péril menace l’ichtyofaune: le réchauffement climatique. Cette crainte n’est, à dire vrai, pas tout à fait nouvelle. Nombre d’études affirment que la montée de la température à tous les niveaux de la colonne d’eau va modifier la distribution des espèces (on voit déjà des poissons tropicaux en Méditerranée, voire en Atlantique Nord), leur phénologie ou leur productivité.

Cette fois, les conséquences sont différentes. Selon une étude, dont les résultats ont été publiés le 30 septembre par Nature Climate Change, le réchauffement pourrait carrément contribuer à la réduction de la taille des poissons.

De telles conclusions ne sont pas, elles non plus, nouvelles. Elles ont déjà été formulées par des chercheurs ayant étudié des écosystèmes spécifiques ou une espèce particulière (l’aiglefin). Mais cette fois, l’équipe dirigée par William Cheung (université de Colombie britannique) a vu plus large. En prenant pour hypothèse de réchauffement la famille de scénarios A2 du Giec[1] (une concentration de 600 parties pour million en 2050 et une hausse de température pouvant atteindre 5,4°C en 2100), les scientifiques ont modélisé les effets sur 600 espèces de poissons vivant dans toutes les mers du globe.

Le résultat le plus impressionnant de cette modélisation est le rétrécissement annoncé de la taille moyenne des poissons. D’ici 2050, ils pourraient voir leur taille diminuer de 14% à 24%, globalement, et de 20%, en moyenne, sous les tropiques. En cause: la diminution du taux d’oxygène dissous dans l’eau de mer. Dans un entretien accordé à l’AFP, Daniel Pauly (université de Colombie britannique) rappelle que l’oxygène joue un rôle majeur dans la croissance des poissons. «Obtenir assez d'oxygène pour grandir est un défi constant pour les poissons, et plus un poisson est gros, pire c'est. Un océan plus chaud et moins oxygéné, comme prédit avec le changement climatique, compliquera la tâche des poissons les plus gros, ce qui signifie qu'ils cesseront de grandir plus tôt», résume le biologiste, par ailleurs co-auteur de l’étude.

Mais leurs proies ne seront pas épargnées. Car, comme l’ont montré deux chercheurs de l’université de Hambourg, plus les prédateurs sont de grande taille (en ce cas, il s’agissait de la morue de l’Atlantique, Gadus morhua), plus ils préfèrent les proies importantes. Ce qui devrait là aussi bouleverser la biodiversité marine.



[1] Giec: Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat

 



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