Le réchauffement nous prive de notre prochaine glaciation

Le 09 janvier 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Trop de CO2 dans l'atmosphère empêche la survenue de la prochaine glaciation.
Trop de CO2 dans l'atmosphère empêche la survenue de la prochaine glaciation.

La prochaine glaciation devait débuter dans quelques siècles. Une perspective quelque peu contrariée par le changement climatique. Explications.

Acidification des eaux, accroissement de la violence et du nombre de tempêtes, sécheresses, pluies torrentielles, élévation du niveau des mers, montée durable du mercure. Tout. Le réchauffement climatique nous aura tout fait. Et cela n’est pas fini. Loin s’en faut!
 
Dans un article à paraître dans Nature Geosciences, une équipe de paléoclimatologues et chronistratigraphes l’affirme: la fin de l’ère interglaciaire, dans laquelle nous vivons depuis plus de 11.000 ans, est proche. Qu’elle s’appelle Holocène ou Anthropocène [JDLE], peu importe. Les signes sont là. Et ils ne trompent pas. La succession de périodes glaciaires et interglaciaires est imputable à l’évolution des paramètres de Milankovi?.
 
Décrits par Milutin Milankovi?, donc, ces paramètres sont l’excentricité, l’obliquité et la précession. Ces trois facteurs influent sur la quantité d’énergie solaire reçue par les hautes latitudes, les différences de température entre les mers et les continents, les différentiels de température entre les saisons, les différences de température entre les hémisphères, selon l’inclinaison de la terre.
 
Leur évolution est donc à l’origine de variations climatiques fortes; lesquelles peuvent être accentuées par d’autres phénomènes, comme la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère ou la position des continents.
 
En moyenne, rappellent les chercheurs, les périodes interglaciaires durent 11.000 ans. Or, voilà déjà 11.600 ans que nous vivons sans craindre de rencontrer un rhinocéros laineux ou un mammouth. Selon les calculs de Luke Skinner (université de Cambridge) et de son équipe, le démarrage de la prochaine glaciation est pour bientôt, géologiquement parlant. D’ici un gros millénaire, nous risquons de devoir changer de garde-robe.
 
Après avoir étudié le différentiel de température extrême régnant en Arctique et en Antarctique, les scientifiques estiment avoir identifié les tout premiers signes d’un refroidissement généralisé. Mieux, en replaçant ce signe dans le contexte solaire actuel (son activité), ils estiment que nous sommes à la veille d’un nouvel épisode glaciaire, comparable à celui qui gela la planète il y a 780.000 ans.
 
Hélas, trois fois hélas, se lamentent nos scientifiques, il manque encore un élément essentiel pour que s’ouvre cette nouvelle ère glaciaire. Luke Skinner et ses collègues estiment que la dégringolade des températures ne peut démarrer qu’avec une concentration de CO2 atmosphérique de 240 parties pour million (ppm). Or, selon les dernières statistiques établies par la Noaa américaine, le taux de gaz carbonique dans l’air tourne plutôt autour de 392 ppm. Notre atmosphère est bien trop riche en gaz à effet de serre pour que nous puissions connaître de sitôt le nouvel épisode de l’Age de glace.
 
D’autant qu’il faudra des siècles et des siècles, compte tenu de la longue durée de vie du gaz carbonique, pour que sa concentration retombe à un niveau compatible avec la glaciation, même si nous arrêtions immédiatement toute émission carbonée anthropique.
 
Pas de doute possible, nos activités influent bien sur les cycles naturels. Bienvenue dans l’Anthropocène!


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